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Walter Michel, agriculteur en Meurthe-et-Moselle

Une conversion au bio en système céréalier

Publié le 19/12/2018 - 19:37

En trois années de conversion, Walter Michel a déjà fait fortement évoluer son système. Il a allongé sa rotation, implanté des prairies temporaires et diversifié son assolement. Photo : MD.Guihard/Pixel Image.

Installé à Ormes-et-Ville avec sa femme, Annie, Walter Michel a fait le pari de l’agriculture bio en 2015.

 

Walter Michel a rejoint l’exploitation familiale en 2001. Il produisait, avec sa mère, des céréales et des poules pondeuses. En 2005, il choisit de diversifier son activité dans la production et la commercialisation d'huile de colza et tournesol. L’atelier poules pondeuses est arrêté en 2007 à cause de la mise aux normes.  En 2009 sa mère prend sa retraite.

 

J’aurais pu convertir l’exploitation au bio à ce moment-là. En 2009, les prix des céréales étaient au plus bas. Le passage au bio me trottait dans la tête depuis plusieurs années, mais j’avais peur des impasses techniques. J'ai finalement sauté le pas en 2015. Il y a eu des échecs, mais je suis toujours là. 

Viser 25 % de prairies temporaires

 

En trois années de conversion, Walter a déjà fait fortement évoluer son système. Il a allongé sa rotation de 5 à 8-9 ans, a implanté des prairies temporaires et a diversifié son assolement. Il cultive aujourd’hui une dizaine d’espèces : blé, colza, avoine de printemps, méteils grains, lentilles, soja, triticale, tournesol et des productions secondaires (petit épeautre, sarrasin, cameline, moutarde et chanvre). La ferme compte désormais 149 ha de cultures, 30 ha de prairies temporaires, et 10 ha de prairies permanentes.

 

Avant la gestion de la rotation était complexe, elle l’est toujours. Je manque encore de pratique, je sors tout juste de la conversion, reconnaît Walter.

Si on analyse l’assolement : il y a 35% de cultures de printemps, 45% de céréales à paille, 23% de cultures relais en azote (soja, lentilles, méteil) et 17% de prairies temporaires. C’est un peu juste, il faudrait atteindre 20 à 25%. Les prairies ont un effet nettoyant. Implanter des prairies c’est investir dans la rotation, pour la lutte contre les vivaces, rappelle Arnaud Bourot, conseiller agronomie à la CDA54.

J’ai dans l’attention d’implanter plus d'herbe. Je dois aussi améliorer la gestion, le choix des mélanges. Je raisonne l’implantation en fonction des années, indique Wlater. 

Échange paille-fumier

 

Walter a l’avantage d’avoir le parcellaire regroupé (1,5 à 2 km) autour de la ferme. Mais il s’agit majoritairement des grosses argiles humides difficiles à travailler. Tout le parcellaire est drainé hormis les prairies permanentes. 

 

En agriculture bio, on cherche à semer les céréales plus tardivement à l’automne, d’où l’inconvénient des grosses terres. Au printemps je dois attendre aussi pour semer. Je maîtrise mieux les cultures d’été sur mes terres, confie l’agriculteur.

Un atout non négligeable pour son système céréalier : il a mis en place un échange paille-fumier avec un centre équestre. Il composte ainsi 1000 t de fumier de cheval (plus un peu de bovins ponctuellement) par an.

 

Je n’ai pas de règles précises pour l’épandage, j’essaie de tourner sur toutes les parcelles et je m’adapte à l’année.

Concernant la gestion du travail du sol, Walter laboure globalement plus qu’en conventionnel. Au niveau désherbage, il passe la herse étrille en fonction des opportunités, il bine les cultures sarclées, et passe l’écimeuse au besoin.

 

La pression vulpins a fortement diminué, il y a un peu plus de chardons, du rumex et un peu de chénopodes.

Moins de produits mais moins de charges

 

Les marges brutes 2018 ne sont pas mauvaises pour l’ensemble des cultures (1recollecte en bio). Les résultats seront à ramener à la rotation, sachant qu’il y a 30ha de prairies temporaires. Walter maîtrise bien ses charges opérationnelles et de structure, analyse Sophie Rattier, conseillère agriculture bio à la CDA 54

Une part non négligeable des revenus de l’exploitation est liée à la vente directe d'huile, et maintenant lentilles et farines, qui progresse chaque année (résultats 2017, sachant que les cultures ont été vendues en C2).

 

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