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Couverts végétaux

Un screening végétal indispensable

Publié le 01/10/2018 - 16:42

Nul besoin d’un couvert multi-espèces complexe selon Jean-Luc Forrler pour obtenir les services attendus. © C. Waligora/Pixel Image

« Les objectifs que nous devons fixer à un couvert végétal sont de deux ordres : obtenir une couverture du sol de 50% en 20 jours et produire 3,5 t/ha de biomasse aérienne avant l’hiver, lance Jean-Luc Forrler, agronome spécialiste de l’agriculture de conservation au sein de la coopérative Vivescia, en évoquant les intercultures longues. Or pour produire de la biomasse tout en assurant un bénéfice agronomique du couvert, il est indispensable de bien choisir les espèces selon son contexte d’exploitation. »

Pour le spécialiste, nul besoin de couverts multi-espèces complexes pour parvenir à ces objectifs. Il incite d’ailleurs les adhérents du club Vivescia Agrosol à favoriser des mélanges comprenant deux espèces et un stabilisateur. L’espèce stabilisatrice a uniquement pour vocation de maintenir le mélange homogène dans la caisse du semoir. Peut-être n’est-elle pas indispensable pour ceux qui possèdent un semoir avec plusieurs trémies et plusieurs distributions. En attendant, Jean-Luc Forrler préconise 500 g/ha de phacélie en tant que stabilisateur du mélange. Pour les deux autres espèces du mélange, il propose d’associer une crucifère à une légumineuse.

La date pour les crucifères, le type de sol pour les légumineuses

Le choix de l’espèce de crucifère doit être fonction de la date d’implantation du couvert végétal. Pour un semis au cours des mois de juin et de juillet, il faut privilégier la moutarde d’Abyssinie qui a l’avantage de fleurir très tardivement, ce qui évite ainsi que le rapport C/N de la plante ne dépasse 20 au moment de sa destruction. L’agronome propose une densité de semis de 1,5 kg/ha. Pour les semis après le 1er août, il privilégie la moutarde blanche en spécifiant les variétés Verte et Sibelius qui sont les plus tardives de l’espèce et qui offrent donc ainsi une floraison la plus tardive. Une dose de 2 kg/ha semble appropriée selon l’expert.

C’est le seul critère de décision indispensable aux crucifères selon Jean-Luc Forrler qui précise : « Les crucifères ne sont pas sensibles au type de sol. En revanche, le choix de l’espèce de légumineuse est, quant à lui, beaucoup plus lié au type de sol qu’à la date de semis ». Dès lors, il est plus difficile de proposer une préconisation précise. L’expert en agriculture de conservation de Vivescia cite toutefois les légumineuses les plus performantes : « La féverole pour laquelle il faut viser 8 à 10 pieds/m2 – le taux de germination plutôt faible de l’espèce incite à planter plutôt 15 graines/m2 –, la vesce velue de variété Massa qui propose une très bonne vigueur de départ et nécessite peu d’eau pour pousser – elle se comporte particulièrement bien dans les argilo-calcaires superficiels – et enfin le pois fourrager avec la variété Andréa. » Reste à savoir laquelle de ces espèces de légumineuse se comporte le mieux dans vos parcelles !

 

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