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Colza de printemps

Le colza de printemps ne contourne pas les problématiques du colza d’hiver

Publié le 17/11/2020 - 09:00

Culture sensible au stress hydrique, aux températures trop élevées, et aux insectes, le colza de printemps connaît beaucoup de freins quant à son développement sur le territoire français.

Impacté depuis plusieurs années par des difficultés de levée et à une pression insectes difficile à contrôler, le colza d’hiver pourrait-il être remplacé par du colza de printemps en France ?

Pour Julien Binet, sélectionneur colza chez Bayer CropScience, la réponse est sans équivoque : « Le colza de printemps ne contournera pas la problématique liée à la gestion des insectes sur le colza d’hiver. L’altise en est un exemple. Celle-ci se trouve au stade nymphose dans le sol au moment du semis du colza de printemps. Une fois levée, la végétation fraîche de la culture attire les altises, devenues adultes. Ces ravageurs causent les mêmes dégâts que sur le colza d’hiver, et leur lutte est tout aussi compliquée. »

Les méligèthes sont également préjudiciables dans la mesure où le colza est l’une des rares cultures fleuries au printemps.

Les colzas d'hiver et de printemps très proches génétiquement

« En France, seuls 2 000 à 3 000 ha de colza de printemps sont cultivés, production de semences comprise, contre 8 millions d’hectares au Canada », constate Julien Binet. Le colza de printemps, ou canola* – contraction de « Canada » et de « oil low acid erucic », qui signifie huile canadienne faible en acide érucique – se trouve plus développé au Canada, en Russie et aux pays baltes. Ces régions du monde connaissent des conditions hivernales très rudes où il est impossible de cultiver du colza d’hiver. Le canola leur offre donc la possibilité de produire des huiles et des tourteaux sur leurs territoires.

Les débouchés du canola ou du colza d’hiver sont sensiblement les mêmes. « Génétiquement, les deux plantes sont très proches, souligne le sélectionneur. En revanche, le colza de printemps n’a pas besoin de vernaliser, contrairement au colza d’hiver, pour fleurir et produire des graines. » Leur différence réside également dans leur architecture. Elle est moins buissonnante pour le colza de printemps, ce qui ne permet pas de compenser des dégâts lors de la levée ou d’une attaque de ravageur. « L’idéal est un semis précoce, lorsque le sol est suffisamment réchauffé, complète Étienne Despicq, responsable de la région Grand-Est chez Momont. Sur notre variété de référence Mosaïk, nous préconisons également un engrais starter localisé au semis pour aider l’implantation. »

De grandes similitudes dans l’approche technique

Les itinéraires culturaux des deux cultures sont pratiquement similaires. « Le poste semences est plus élevé pour du colza de printemps, d’autant plus que la population visée à la levée est de 100 pieds/m² contre 30 à 40 pieds/m² pour du colza d’hiver », explique Étienne Despicq. Les charges en insecticides et en fongicides sont quasiment identiques. Seul le poste de désherbage pour le colza de printemps peut être réduit grâce au démarrage et à la couverture rapide de la culture.

Les ravageurs sur le colza de printemps sont tout aussi problématiques que sur colza d’hiver. Photo : Dekalb Canada

En France, plusieurs tentatives de semis de colza de printemps sont effectuées tous les ans avec des résultats très aléatoires. La gestion des insectes, altises ou méligèthes, en est la principale cause. C’est pourquoi certains semenciers et sélectionneurs français préfèrent plutôt se focaliser sur le colza d’hiver. « Nous axons notre travail sur la diversité et la recherche de meilleurs profils de colza d’hiver, résilients aux aléas climatiques pour ne pas mettre davantage la culture en péril. Le colza de printemps reste une culture encore trop peu rentable et trop incertaine sous nos latitudes », conçoit Julien Binet.

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