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Fertilité du sol

L'analyse du sol, indispensable au pilotage optimal des cultures

Publié le 04/09/2018 - 10:54

L'analyse du sol, indispensable ou pilotage optimal des cultures. © A. Lavoisier/Pixel image

Contrairement aux analyses de reliquats azotés, les analyses de terre n’ont pas le vent en poupe. Depuis 1998, leur nombre est en chute libre, même si un léger regain est observé sur les deux dernières années. 

« Aujourd’hui, le nombre d’analyses de sol tourne autour de 250000 par an, contre 320000 il y a 20 ans, détaille Philippe Eveillard, directeur agriculture, statistiques et environnement à l’Unifa. Selon les professionnels du secteur, il en faudrait 500000 à 600000. À l’heure où les finances peuvent ne pas être au beau fixe, le coût d’une analyse est souvent perçu comme un frein. En effet, pour une analyse physico-chimique, il faut compter environ 100 €. »

Seulement, ces analyses pourraient être bien utiles pour déterminer l’état de fertilité de chaque sol. Car il n’y a pas que le nombre d’analyses de sol qui est en baisse. Depuis 1994, l’Unifa a commandé à deux reprises des études sur la base de données d’analyses de terre à l’Inra sur des périodes de 10 ans, dans le cadre de la BDAT (base de données d’analyses de terre). Ces millions d’analyses ont permis de suivre l’évolution des teneurs et des classes de disponibilité en phosphore, potassium et magnésium notamment. Si le potassium n’a connu qu’une faible évolution de sa teneur en France, qu’elle soit positive ou négative, et que le magnésium augmente aussi légèrement, le cas du phosphore est, quant à lui, bien plus préoccupant : « L’objectif de ces analyses était notamment d’étudier les teneurs en phosphore extractible considéré comme biodisponible pour les plantes, ajoute Philippe Eveillard. Une analyse de terre renseigne en effet sur la biodisponibilité du phosphore et non pas sa teneur totale. » En effet, en ce qui concerne le phosphore, seuls les ions orthophosphates peuvent être absorbés par les êtres vivants. Ainsi, quelle que soit la richesse en phosphore total d’un sol, seule une infime fraction de ce phosphore est disponible pour les plantes lors de leur cycle de développement.

Le phosphore : futur facteur limitant ?

« Il s’avère que les teneurs en phosphore ont diminué dans la majorité des régions françaises, principalement dans le Centre-Ouest et le Nord de la France, ajoute Philippe Eveillard. Mais le plus préoccupant, c’est que cette baisse de la teneur en phosphore est supérieure à 10% pour 42% de la surface agricole utile. La situation favorable en 1994 va peut-être devenir un facteur limitant. La baisse s’explique d’abord par la réduction des apports d’engrais phosphatés. Il faut compter aussi avec la baisse générale des effectifs d’élevage. »

En effet, les engrais phosphatés sont parfois la variable d’ajustement sur certaines exploitations. Les mauvaises années sont généralement synonymes de restriction, et ce sont souvent les apports autres que l’azote qui font l’objet d’impasse. Un raisonnement qui s’avère pourtant assez contradictoire : « Le phosphore est souvent la dernière roue du carrosse, alors qu’il est agronomiquement très important, explique Patrick Hautefeuille, coordinateur marketing à la direction marketing et communication de Timac Agro. Le raisonnement est souvent porté sur l’azote. Or, on oublie ce qui n’est pas visuel. Le phosphore est essentiel à la croissance racinaire. Qui dit plus faible croissance racinaire dit moins bonne efficience de l’azote et donc une plus faible valorisation des apports. »

Ces manques de phosphore peuvent être également pénalisants sur le rendement : « Il y a des cultures plus ou moins sensibles au manque de phosphore, ajoute Patrick Hautefeuille. Il faut savoir qu’une racine peut assimiler le phosphore disponible sur un rayon maximum d’un millimètre. Or, une plante pivot comme le colza n’a pas la capacité d’exploration des systèmes racinaires fasciculés comme celui des céréales par exemple. Il peut en découler des pertes de rendement jusqu’à 10 q/ha. De plus, cette capacité de la racine à assimiler le phosphore biodisponible dépend du pouvoir fixateur du sol. Plus il est argileux, plus le phosphore sera retenu et donc difficilement assimilable. Il faut donc apporter du phosphore, seul ou associé à d’autres éléments, en prenant en compte la texture du sol en question et la sensibilité de la culture en présence. »

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