Imprimer
Commentaires
HERO CROPS – SUIVI D’ITINÉRAIRE INNOVANT

Il utilise du thé de compost oxygéné (TCO) sur ses blés

Publié le 22/10/2020 - 11:54

En produisant son thé de compost oxygéné (TCO), qu’il applique sur ses 59 ha de terres, Émeric Saboureau n’emploie plus de fongicides ni d’insecticides « classiques » sur son exploitation de Latillé (Vienne).

Adepte du semis direct, il cherche à multiplier les cultures et les couverts sur les terres reprises à son beau-père en 2018. Le double actif, également agent de silo pour une coopérative locale, s’est très vite intéressé au TCO. « Je souhaitais travailler davantage sur les bactéries et les champignons pour protéger mes cultures et ramener de la vie au sol », explique-t-il. Après des échanges sur les réseaux sociaux, un groupe Facebook est créé, ainsi qu’une structure, Agroleague, afin de former les agriculteurs intéressés au TCO.

Appliquer le TCO en préventif

En quelques mots, « la préparation d’un TCO consiste à infuser dans une eau déchlorée une base de lombricompost, en système aérobie, et d’ajouter à la préparation de la mélasse de canne, diverses algues et oligoéléments, ainsi que des acides humiques et fulviques et des bactéries “Pseudomonas” et champignons “Trichoderma”. Épandu au pulvérisateur en préventif trois à quatre fois durant le cycle, et en enrobage de semences, le TCO agit en boostant les plantes, qui sont alors mieux préparées à affronter les bioagresseurs », affirme le céréalier.

Si un passage de TCO revient entre 7 et 15 euros/ha, Émeric Saboureau met en garde sur la pratique : « Il est vite possible de faire des erreurs, qui peuvent être assez graves avec les TCO ! Il est très important de comprendre le fonctionnement, pour retrouver le maximum de bénéfices sur ses parcelles et ses cultures. »

Itinéraire cultural du blé au fil de la campagne 2020-2021

- Le 23/07/2020 : Récolte du pois protéagineux avec un rendement de 22 q/ha sur la parcelle de 9 ha, nommée Le Champ Trajeau, a Latillé (Vienne). Cette parcelle est divisée en deux : une partie de limons battants avec silex, et une partie plus profonde.

- Le 29/09/2020 : Désherbage avec 3 l/ha de glyphosate, 1 l/ha d’huile Adenda comme mouillant et du sulfate d’ammonium à 1 % de la bouillie pour gérer la dureté de l’eau, afin de ralentir la luzerne. « Une fois le pois moissonné, de la luzerne a levé dans le champ. Je n’explique pas le phénomène, indique Émeric Saboureau. Est-ce que cela vient de l’effet du TCO ou de l’agriculture de régénération, qui a levé la dormance d’anciennes graines de luzerne ? »

- Le 7/10/2020 enrobage de la semence avec du TCO. « Le TCO doit

toujours se préparer quelques jours maximum avant son application, car il ne se conserve pas », insiste l’agriculteur. Dans une cuve Inox (afin de ne pas entraîner d’oxydation), du lombricompost acheté (Guano diffusion ou Teracen, 30 ct/kilo) est mis à infuser dans une eau déchlorée et oxygénée. « Je mets le lombricompost dans un filet de 400 microns, à raison de 0,1 kg/litre d’eau, dans une eau oxygénée à 15-20 % grâce à un système de pompe et bulleur, pour une température de 18-22 °C. La durée d’infusion induit l’effet du TCO. Pour l’enrobage de semence, je laisse infuser dix-huit heures, afin d’avoir un TCO axé sur les bactéries et les champignons », détaille-t-il. De la mélasse de sucre de canne (1,5 kg/1000 l) (pour nourrir les micro-organismes), des algues en poudre (150 g/t de semence) (pour éviter les stress des plantes), des bactéries Pseudomonas
et des ferments lactiques contre la carie, et Trichoderma (250 g/t) (contre les champignons pathogènes et pour dégrader plus vite les pailles du sol) sont apportés à la solution, dans le but d’aider la semence à s’implanter le plus vite possible. « Tous les produits employés ont des AMM », tient à préciser le céréalier.

Pour obtenir une préparation adaptée à l’enrobage de semence, de l’argile est ajoutée afin de pouvoir coller aux grains, passés dans un mélangeur (1,5 à 2 l/q de TCO ). Un peu de lombricompost en poudre est ajouté aux semences, afin qu’elles ne s’agglomèrent pas dans le semoir.

- Le 08/10/2020 : semis d’un mélange variétal de blé non traité chimiquement fourni par la coopérative et produit par l'agriculteur – Descarte, Calumet, Montécarlo, Syllon, Orégrain, Ténor – en semis direct, entre 300 et 350 g/m² à environ 3 cm de profondeur. « Le traitement de semence me revient à moins de 5 euros par quintal de semence », chiffre le producteur. Une bande témoin sans apport de TCO est laissée, afin d'observer d'éventuelles différences durant le cycle de la culture.

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Produits à comparer

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Relations Culture
  • TCS
  • Viti Leaders