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Il implante ses betteraves sucrières au strip-till

Publié le 16/12/2020 - 12:00

Les betteraves en strip-till semblent moins accuser les coups de secs du printemps. Photo : Mathieu Lecourtier/Média&Agriculture
Éric Boisleux met en œuvre des pratiques permettant de concilier productivité de ces cultures et vie de ses sols. C'est pourquoi il pratique l'agriculture de conservation des sols. En betteraves toutefois, il est encore difficile de réussir des semis directement dans un couvert végétal. C'est pourquoi le strip-till est une bonne alternative.

« Pour obtenir de belles racines de betteraves, il faut un sol assoupli sur une profondeur de 15 à 20 cm », suggère Éric Boisleux, gérant de l’EARL Famec, qui est en semis direct sous couvert vivant depuis une douzaine d’années pour la plupart de ses cultures. Il ne désespère pas de réussir un jour des betteraves en semis direct, mais cela demande un sol particulièrement vivant. En attendant, « le strip-till est la solution intermédiaire que nous avons trouvée pour à la fois moins perturber le sol et mettre toutes les chances de notre côté afin de réussir la culture de la betterave ».

Le strip-till en betteraves oui, mais avec un bon couvert végétal

« Le strip-till seul c’est bien, mais cela ne suffit pas, avance Éric Boisleux. Il faut des racines vivantes pour coloniser la bande de terre travaillée à l’automne et éviter qu’elle ne reprenne en masse durant l’hiver. » Ce qui signifie donc deux choses : la première, c’est qu’un couvert végétal avec un système racinaire dynamique doit être implanté dès la moisson terminée. La seconde c’est qu’un passage de strip-till est nécessaire à l’automne. Le système racinaire du couvert peut ensuite recoloniser la bande travaillée avant l’entrée d’hiver et la mort du couvert par le gel.

Si le couvert végétal a bien fait son office durant l’automne et l’hiver, il ne reste alors plus qu’à repasser un second coup de strip-till, en surface cette fois-ci, pour préparer le lit de semence. « Selon les conditions, nous passons une première fois à trois centimètres de profondeur avec des dents vibrantes à 5-6 km/h, indique l’agriculteur. Si c’est nécessaire, pour ressuyer davantage le sol, nous passons une seconde fois à 10 km/h juste avant de semer. Les deux passages sont souvent réalisés coup sur coup comme le semis qui intervient juste après… »

Itinéraire cultural des betteraves sucrières au fil de la campagne 2020-2021

Le 18/07/2020 : Récolte du blé dans la parcelle « Vignes » de 15 ha. Le rendement frôle les 100 q/ha dans cette parcelle majoritairement crayeuse. La paille est broyée et restituée au sol.

Le 28/07/2020 : Semis de colza à 5 kg/ha. La culture ne se développe pas correctement en raison du manque de précipitations estivales et… d’une erreur de désherbage. Le colza en pâti au point de mettre en péril la culture. De plus, la parcelle possède un historique de salissement chargé. De fait, la parcelle se recouvre d’un couvert végétal constitué de colza et d’adventices. Cela étant, le principal pour Claire Boisleux, reste que « le sol soit couvert même s’il s’agit d’un couvert multi-espèces dont nous n’avons pas choisi toutes les espèces ».

Le 21/10/2020 : Semis de 200 kg/ha d’orge de printemps en direct pour regarnir le couvert présent. Il intervient trop tardivement en saison pour espérer un couvert végétal suffisamment développé à l’automne et réaliser dedans un passage de strip-till. Cela étant dit, il est opéré après le renoncement d’un passage de strip-till durant le mois de septembre car le sol était trop sec. La présence d’une graminée dans le couvert végétal destiné à recevoir un passage de strip-till est très utile grâce à son système racinaire fasciculé. Cela permet « de tenir la terre et de créer une légère butte derrière la dent du strip-till à l’automne. Une butte offrant suffisamment de terre au printemps pour préparer le lit de semence sur la ligne de semis. »

Le 10/11/2020 : Tentative infructueuse de réaliser le passage de strip-till d’automne. « Le sol est trop humide en surface et avec un couvert pas suffisamment développé, note l’agricultrice. La petite butte espérée derrière la dent du strip-till ressemble plutôt à un trou. Il risque de ne pas avoir assez de terre pour le lit de semences au printemps, et la graine de betterave risque de tomber au fond. L’objectif n’est pas atteint donc l’intervention est abandonnée. Nous remarquons toutefois aucun lissage en profondeur alors que la dent du strip-till est réglée à à bon 20 cm de profondeur. Il s’agit a priori de la profondeur idéale pour préparer l’implantation des betteraves. Nous avons réalisé des essais de profondeur l’année dernière : 12, 17 et 21 cm. Le rendement là où le strip-till a été passé à 21 cm est de loin le meilleur. Respectivement, les rendements étaient de 58, 72 et 78 t/ha. Pour autant, nous n’avons observé aucune différence en végétation. »

 

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