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Phosphates

Le Maroc a tout à perdre avec la réglementation européenne

Publié le 24/10/2016 - 09:33

En 2017, l’Europe envisage d’abaisser les taux de cadmium dans ses importations de phosphates. Alors que le Maroc fait figure de plus gros fournisseur pour le Vieux Continent, le Royaume chérifien aurait beaucoup à perdre. « C’est un peu l’Arlésienne, ce débat sur le cadmium existe depuis plus de 20 ans », introduit Gilles Poidevin, l’ancien délégué général de l’Unifa.

Phosphates : le Maroc a tout à perdre avec la réglementation européenne. © Paty/Fotolia

Les faits. Un projet de réglementation sur les fertilisants est à l’étude au sein de l’UE et devrait entrer en vigueur en 2017. L’objectif visé est de simplifier et d’harmoniser la législation. Mais un point fait grincer le Maroc. L’Europe souhaite abaisser progressivement les taux de cadmium dans les phosphates importés car considérés comme cancérigènes. Ainsi le taux autorisé qui est actuellement de 80 mg/kg pourrait passer à 60 puis 40 puis 20 mg/kg d’ici 2030.

Ce projet est fondé sur l’argument de santé publique mais pour l’Europe c’est aussi un moyen de réduire à terme sa dépendance. Elle importe actuellement 6 millions de tonnes de phosphates. Elle envisage de remplacer ces importations par des déchets organiques de type boues d’épuration, farines de viandes et d’os, fumiers…

Pour Thierry Loyer, président de l’Unifa, « on peut comprendre l’émoi du Maroc, car les études montrent que le niveau actuel toléré ne présente pas de risques et il n’y a pas non plus de raison agronomique pour justifier cette baisse du taux ».

Si cette réglementation devait être adoptée, la Russie pourrait en tirer parti. Car elle produit des phosphates avec des taux plus compatibles avec les exigences de cette future réglementation. Mais n’oublions pas non plus que le Maroc est un client privilégié de l’Europe pour ses exportations de céréales, donc on peut tout à fait imaginer que le Royaume se montre moins enclin à acheter du blé en provenance d’Europe.

Donc l’affaire est à suivre parce qu’elle ne sera pas sans conséquences !

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