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Blé tendre

Une chute de production de blé tendre chez la plupart des grands exportateurs

Publié le 23/08/2018 - 14:45

Une chute de production de blé tendre chez la plupart des grands exportateurs. © Dima90/Fotolia

À l’exception de l’Argentine qui présente pour le moment un très bon potentiel de production, les grands exportateurs mondiaux voient leurs productions et leurs stocks baisser. Le cabinet Agritel, à l’occasion de sa conférence annuelle sur les bilans mondiaux, dresse un tour d’horizon des perspectives de campagne 2018/2019.

C’est probablement l’un des fondamentaux qu’il faut retenir pour la campagne en cours, la baisse de production de blé tendre au niveau mondial. Une baisse très significative pour le bassin de la mer Noire, estimée à -15%. Ainsi la production des trois pays exportateurs que sont l’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan est estimée à 107,5 millions de tonnes contre 126,8 Mt en 2017. Cette baisse est particulièrement significative en Russie qui, après le record de 2017, voit sa production en repli de 17,6 Mt. Toutefois, la récolte russe 2018 fait partie des trois meilleures récoltes depuis plus de dix campagnes. Il faut rappeler que le désormais premier exportateur mondial de blé tendre a vu sa production doubler en 5 ans. La capacité exportatrice de la zone Mer noire devrait donc être amputée d’environ 10 Mt.

Autre baisse significative d’une grande région productrice, celle de l’Union européenne. La production pourrait s’afficher autour des 136 Mt contre 151 Mt en 2017. Ce sont principalement les pays du Nord qui ont été pénalisés par un déficit hydrique conséquent, on parle de la pire sécheresse depuis 75 ans.

Concernant l’Australie, la récolte doit attendre encore quelques mois, mais le continent est marqué par le manque d’eau à cette époque de l’année, notamment sur une large partie de l’Est du pays. Les premières prévisions font état d’une récolte qui s’approcherait des plus faibles pour le pays, autour des 21 Mt, après une année 2017 déjà très faible.

Les nouvelles en provenance du Canada ne sont pas de nature non plus à rassurer. Les premières coupes sont assez décevantes à la fois en quantité et en qualité. Enfin chez son voisin américain, les volumes de blé produits sont d’année en année de plus en plus faibles à cause du désintérêt des agriculteurs pour cette culture, très peu rémunératrice en comparaison du maïs et du soja.

Par conséquent, le cabinet Agritel projette des stocks mondiaux de fin de campagne à 51,5 Mt. Ce stock est celui des grandes zones exportatrices, il ne tient pas compte de pays comme la Chine, quasi inexistante dans les échanges de blé tendre. Le stock ration/utilisations passe sous la barre des 15%, un plus bas depuis la campagne 2007/2008.

Incertitudes sur la consommation intérieure russe

Un des points d’interrogation qui apporte aussi son lot de volatilité d’un jour à l’autre sur les marchés, sera la consommation intérieure russe qui serait de nature à impacter sa capacité à l’export. Des annonces contradictoires par les autorités du pays laissent planer le doute. La Russie a fait de l’élevage l’une de ses priorités après avoir été frappée par des mesures économiques.  « Les besoins en alimentation du bétail sont croissants. De 29,6 Mt en 2014/2015, ils étaient estimés par l’USDA à 39,1 Mt en 2017/2018 (toutes céréales confondues)», précise Alexandre Boy, responsable de l’analyse fondamentale chez Agritel. Or le ministère américain table sur une consommation intérieure de seulement 31,4 Mt pour 2018/2019. « on ne voit pas trop comment c’est possible, à moins de supprimer des cheptels en grande quantité. Mais nous n’excluons pas non plus que le chiffre de l’année 2017/2018 ait été surévalué… bref c’est un vrai point d’incertitude », poursuit l’expert.

Des exportations françaises qui s’annoncent limitées

Dans le contexte précédemment décrit, la France pourrait donc avoir une carte à jouer pour ses exportations. Toutefois, il faut rappeler que si la récolte hexagonale est bonne en qualité, elle est décevante en quantité. « il va nous manquer un peu de disponibilité pour faire une grande année à l’export », précise Michel Portier. Les estimations du cabinet Agritel misent sur un volume total de 16,2 Mt contre 17,7 en 2017/2018. Faute de disponibilité en Europe, les volumes français devraient être demandés en priorité par les acheteurs européens, donc les exportations vers l’UE devraient rester significatives entre 7 et 8 Mt. Puis les exportations vers les pays tiers devraient se concentrer vers les clients traditionnels de la France, l’Afrique du Nord et l’Afrique sub-saharienne avec une qualité qui devrait pleinement les satisfaire. Mais comme le rappelle Alexandre Boy, il est possible que la France puisse faire quelques bateaux vers l’Égypte, mais nos volumes seront insuffisants pour retrouver les niveaux d’antan.

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