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Marchés des grains

Les exportations françaises de blé gagnent en compétitivité

Publié le 14/01/2022 - 17:08

La forte demande mondiale et la récente baisse des prix pourraient favoriser les exportations françaises de blé tendre, ainsi qu’une utilisation accrue de cette céréale en alimentation animale.

Malgré une légère baisse, les cours mondiaux du blé restent très hauts du fait de la forte demande et d’une offre limitée. "Les différents gouvernements ont pris des mesures pour le bon approvisionnement de leurs marchés intérieurs", a souligné Marc Zribi à l’issue du conseil spécialisé grandes cultures et marché céréaliers de FranceAgriMer le 12 janvier 2022, citant notamment la confirmation par la Russie d’un quota de 8 Mt pour les exportations de blé du 15 février au 30 juin 2022 et le relèvement à 98 $/t dès janvier de la taxe à l’exportation. L’Argentine a, quant à elle, plafonné les exportations de blé à 12,5 Mt pour l’ensemble de l’année. Du côté des pays importateurs, on assiste à des baisses de droits de douane sur le blé au Brésil et au Maroc et à leur suppression en Turquie. À noter que l’Inde est devenu exportateur net de blé avec une quantité record de 3,2 Mt exportées au cours de la campagne locale, qui court d’avril à octobre.

Bien que l’Argentine et l’Australie soient les plus compétitifs sur les exportations de blé, la France tire son épingle du jeu avec un prix FOB à Rouen inférieur à celui de la Russie, son principal concurrent. Premier acheteur mondial, l’Égypte a réduit ses achats par rapport à l’an dernier. À la fin décembre, 3,77 Mt ont été importées, soit 15% de moins qu’au cours des six premiers mois de la campagne précédente. La France se positionne timidement cette année sur ce marché, avec un premier achat de 60.000 t le 29 décembre par l’Égypte, pays qui vient d’agréer la Lettonie parmi ses fournisseurs officiels, mais privilégie habituellement l’origine mer Noire.

La campagne ukrainienne d’exportation a été jusqu’ici très dynamique, en particulier pour les orges, dont 93% des exportations prévues ont été faites, mais aussi pour le blé, avec seulement 7 Mt restant à exporter. La dynamique est moins forte en Russie, où il reste 14 Mt de blé à exporter pour un disponible initial équivalent.

Retrait des exportations vers l'Algérie

Depuis le début de l’automne, le renforcement du dollar, qui s’explique par la normalisation de la politique monétaire états-unienne, redonne de la compétitivité aux exportations européennes. Par ailleurs, la baisse des taux de fret favorise le transport maritime: le Baltic Dry Index, qui avait atteint 5.700 points fin septembre, est redescendu, en partie à cause de la moindre demande chinoise en charbon, autour de 2.200 points début janvier, soit le niveau d’il y a un an.

L’ensemble de ces éléments favorise les exportations françaises, FranceAgriMer les estimant cependant bridées par les faibles achats de l’Algérie, que pourraient en partie compenser de nouveaux volumes espérés à destination de l’Égypte, du Maroc ou de la Chine. Les importations algériennes de blé français, sur les cinq premiers mois de la campagne en cours, atteignent 1,2 Mt: une quantité doublée par rapport à l’an dernier sur la même période, mais cela reste un chiffre inhabituellement faible si on le compare aux statistiques de la décennie, qui tournent généralement autour de 2 Mt sur cinq mois et ont presque atteint 3 Mt en 2018.

Sur la base de l’ensemble de ces éléments, FranceAgriMer revoit légèrement à la baisse ses prévisions d’exportation pour le blé français: 7,7 Mt à destination de l’Union européenne et 9,0 Mt à destination des pays tiers. Il faut aussi préciser que l’évolution des cours redonne de l’intérêt à l’utilisation du blé plutôt que du maïs en alimentation animale pour le marché domestique.

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