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Marchés des matières premières agricoles

Exportations françaises de céréales, il faut fluidifier la logistique tout au long de la campagne

Publié le 26/11/2018 - 17:29

Crédit : H.Sauvage. A Dunkerque, le 22 novembre 2018, un charge un bateau d'orge fourragère à destination de l'Arabie Saoudite

La campagne de commercialisation des céréales commence le 1er juillet pour se terminer le 30 juin de l’année suivante. Pour les opérateurs portuaires comme la Sica Nord Céréales, «le dossier logistique est un gros enjeu», note Joël Ratel, directeur de Nord Céréales «il faut fluidifier et répartir la logistique tout au long de la campagne». L'ensemble des opérateurs font ce constat

Traditionnellement, la France réalise la plupart de ses exportations en 2e partie de campagne, à partir de janvier, parce que des acteurs comme la Russie sont moins présents à cette période, à l’inverse ils sont omniprésents en début de campagne. Mais c’est un vrai casse-tête pour les opérateurs sur le plan de l’organisation des équipes, «Ce doit être un véritable point d’amélioration qu’il faut travailler avec les OS. Gagner en fluidité logistique, c’est aussi gagner en compétitivité», poursuit le responsable. Même si, sur ce point, le directeur constate que la filière a beaucoup à gagner en termes de compétitivité aussi et surtout au niveau de la production.

La Sica Nord Céréales a exporté sur la campagne 2017/2018, 1,3 million de céréales (blé, orge et pulpes) dont 1,07 vers l’Afrique et le Moyen-Orient et 250000 tonnes vers le marché communautaire. «Depuis deux ans, l’Égypte est absente des destinations, alors que nous avons la capacité de charger des panamax (tirant d’eau suffisant) et nous sommes équipés pour répondre au cahier des charges qui exige un taux d’humidité à 13%. On espère renouer avec cette destination pour la campagne en cours, à condition que notre concurrent russe soit moins présent dans les semaines à venir, mais nous avons aussi besoin que nos représentants politiques fassent un peu plus la promotion des céréales françaises», justifie Joël Ratel.

La Chine, de retour à l'importation de blé français

La campagne en cours s’annonce bonne, les prix sur les marchés sont meilleurs, la qualité de la récolte 2018 est exceptionnelle. «Comme d’habitude, la campagne démarre doucement mais nous allons d’ici la fin de décembre atteindre un volume d’environ 700000 tonnes, soit 150000 tonnes de plus que la campagne précédente à la même date. Nous n’atteindrons pas non plus le volume de la campagne 2015/2016 (3,2 MT) car la disponibilité de cette campagne est moindre», note le directeur.

Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, on apprend que 63000 tonnes de blé français vont être chargées à Dunkerque à destination de la Chine «C'est inédit depuis le mois de janvier 2014 et nous attendons la confirmation d'un éventuel second bateau d'un volume similaire», note Marc Zribi, chef de l'unité grains sucre chez FranceAgriMer. «Cet élément peut être perçu comme une conséquence de la guerre commerciale entre la Chine et les USA. La Chine a cessé d'importer des USA, le blé australien est trop cher et il y a aussi quelques tensions politiques entre les deux pays. Par ailleurs, le coût d'importation du blé russe depuis les zones centrales pourrait être aussi un frein. Espérons que l'essai soit renouvelé», poursuit le spécialiste.

Mais la Sica Nord Céréales compte aussi sur son activité import pour diversifier ses activités et optimiser ses infrastructures. Pour ce faire, elle a créé 3 nouvelles filiales et va investir une vingtaine de millions d’euros pour proposer de nouveaux services. Aujourd’hui les activités à l’import représentent un volume d’un peu plus de 200000 tonnes, principalement en maïs, pellets de bois et engrais.

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