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Une cible nouvelle pour lutter contre les pucerons

Publié le 03/07/2015 - 12:06

D’abord décrites chez les mammifères, les molécules MIF (facteurs inhibiteurs de la migration des cellules macrophages) sont également présentes chez les pucerons. Si la fonction première de ces molécules est de participer à l’immunité des insectes, des études sur le puceron du pois (Acyrthosiphon pisum) et le puceron du pêcher (Myzus percicae) ont mis en évidence la présence de la MIF1 dans les glandes salivaires de ces deux espèces.

Un communiqué de presse de l’Inra précise la fonction soupçonnée de cette molécule MIF1 :

Elle est sécrétée avec la salive suggérant ainsi un rôle dans le processus d’alimentation du puceron. Des travaux complémentaires ont montré que les pucerons ont besoin de MIF1 pour exploiter une plante. Une fois libérée dans les tissus de la plante, la protéine inhibe de manière considérable ses réponses immunitaires, empêchant par exemple, l’une des premières réactions de défense contre le parasite, à savoir le renforcement de la paroi végétale par apposition d’un polymère polysaccharidique (la callose).

Les pucerons chez lesquels l’expression de la protéine MIF1 a été inhibée dans le cadre de ces travaux scientifiques ne parvenaient plus à s’alimenter. Les deux chercheurs de l’Inra et du CNRS à l’origine de cette découverte, Christine Coustau et Harald Keller, ont alors observé une mortalité proche de 50 % des individus après douze jours d’étude. À cela s’ajoute une moindre fécondité des pucerons survivants engendrant donc une population n+1 moins nombreuse.

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles possibilités de lutte contre les pucerons selon Harald Keller :

Cette molécule MIF1 et le site de sa biosynthèse chez les pucerons peuvent devenir de nouvelles cibles pour l’industrie phytopharmaceutique. On peut donc espérer la mise en marché future de nouvelles solutions de lutte insecticide.

Les travaux des deux chercheurs ont également mis en évidence la présence des gènes codant pour la synthèse de cette molécule MIF1 dans les glandes salivaires chez la totalité des espèces de pucerons dont le génome a été séquencé. Pour tous, les molécules MIF sont très similaires. Christine Coustau émet donc l’hypothèse que tous les pucerons parasites des cultures secrètent cette molécule MIF1. Or, cette molécule n’est pas sécrétée par tous les insectes et notamment pas par les abeilles. Une lutte sélective n’impactant que les pucerons parasites est donc envisageable.

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