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Betteraves

Retour vers le futur pour l’arrachage

Publié le 14/10/2019 - 13:26

Le chantier décomposé se caractérise par un chemin de nettoyage plus court et une trémie plus petite. Il est donc indispensable de travailler avec des bennes bien équipées en pneumatiques pour éviter tout risque de tassement.

L’agriculture ne serait-elle pas finalement un éternel recommencement ? Des techniques culturales réapparaissent, parfois améliorées, souvent présentées comme révolutionnaires. Pour l’arrachage des betteraves, il semble que la boucle soit en passe d’être bouclée avec le retour (en force ?) du chantier d’arrachage décomposé…

« Nous revenons aux fondamentaux, car nous sommes à un tournant de notre agriculture, estime Thomas Nuytten, responsable du service betteravier Roye et Eppeville de Saint Louis Sucre. De nombreux agriculteurs dont l’assolement compte des betteraves et/ou des pommes de terre considèrent que la structure de leur sol n’a pas évolué dans le bon sens. S’ils veulent continuer à garder ces cultures dans leur assolement, il faut donc revoir les méthodes de production. Or, l’arrachage des betteraves est une étape de production importante pour laquelle il est possible d’améliorer l’existant… Notamment avec le retour au chantier d’arrachage décomposé, revu et amélioré. »

Le groupe Saint Louis Sucre a mené ce projet dans le cadre de son programme Mont Blanc, qui vise à accompagner les planteurs de betteraves vers l’innovation au service de la conservation des sols agricoles, en collaboration avec l’ETA Uni’Agrid, gérée par Philippe Idé. Ce projet s’est traduit par l’importation d’une effeuilleuse-scalpeuse et d’une arracheuse Alloway, venues tout droit des États-Unis. Il aura fallu un an et demi pour que ces machines de 12 rangs respectent les normes françaises et puissent circuler en toute autonomie sur la route. Mais l’importation n’étant pas une fin en soi, Philippe Idé poursuit sans cesse le développement des machines avec l’aide de l’ingénierie de l’entreprise belge CMG. Aujourd’hui, d’ailleurs, l’effeuilleuse-scalpeuse est portée à l’avant du tracteur et l’arracheuse traînée à l’arrière, pour ne former qu’un seul convoi semblant n’avoir que des avantages pour Saint Louis Sucre et pour son utilisateur principal.

Moins cher et moins impactant pour le sol

« Au regard du développement important des surfaces arrachées par l’ensemble Alloway chaque année, on ne peut que constater l’attrait des planteurs de betteraves pour le type de chantier d’arrachage qu’il propose », évoque Thomas Nuytten. Ce n’est pas commun d’observer un chantier d’arrachage de 12 rangs en France. Et pourtant, une étude économique menée par Saint Louis Sucre a mis en évidence que, compte tenu du débit de chantier notamment, l’équipement en 12 rangs offre un meilleur coût d’arrachage par hectare que le même équipement en 6 rangs et que tous les autres chantiers d’arrachage existant actuellement. Même si, en matière de logistique, il est nécessaire que l’arracheuse soit accompagnée de deux bennes pour suivre la cadence.

Auparavant séparées, l’effeuilleuse-scalpeuse et l’arracheuse sont désormais entraînées par un seul et même tracteur. Ce qui facilite la logistique et réduit encore le coût du chantier d’arrachage comme le risque de compaction du sol, a priori.

Les 12 rangs de l’arracheuse et de l’effeuilleuse-scalpeuse semblent aussi offrir un certain avantage sur les arracheuses intégrales face au risque de tassement du sol. Au-delà du poids intrinsèque de l’équipement (16 tonnes à vide pour le matériel décomposé), « nous avons observé que l’ensemble arracheur et les bennes de débardage ne passent jamais au même endroit dans la parcelle. Ce qui évite d’accroître le risque de tassement, indique le responsable betteravier. Nous avons mené des études qui mettent en évidence une moindre pression au sol de l’arracheuse de Philippe Idé face aux intégrales du marché. Aussi, les agriculteurs qui ont pu bénéficier de ce chantier ont observé un besoin de puissance moins important lors de la reprise du sol après arrachage par le chantier décomposé, qu’après le passage d’une intégrale malgré l’équipement en roues étroites du tracteur. » Au-delà du poids à vide des différents équipements, la capacité respective de leur trémie est sans doute une partie de l’explication de ce différentiel ressenti et mesuré.

Des betteraves moins choquées

Thomas Nuytten, qui accompagne ce projet de chantier d’arrachage décomposé depuis le début, note aussi que les betteraves semblent moins blessées au scalpage et à l’arrachage par les roues Opel. Une constatation que ses équipes ont faite après un essai de conservation de betteraves en silo pendant 60 à 80 jours, suite à l’arrachage de la moitié d’une parcelle par une arracheuse intégrale et de l’autre moitié en chantier décomposé. « Il s’avère que le pourcentage de betteraves non marchandes est systématiquement inférieur dans le silo récolté en chantier décomposé. » Il ne s’agit pour l’instant que de résultats d’un essai, qu’il faut donc apprécier avec mesure. Mais se tourner vers des chantiers d’arrachage décomposés est-il un réel retour en arrière si ceux-ci offrent des avantages à la fois agronomiques et économiques ?

 

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