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Coopérative Dauphinoise

Premiers semis pour le tritordeum

Publié le 11/04/2017 - 12:43

Suite à des essais prometteurs en 2016, un petit groupe de coopérateurs isérois a semé 30 ha de tritordeum à l’automne dernier. Premières données sur une culture dont la conduite reste encore à affiner.

En fonction de la climatologie, 2017 permettra ou non de vérifier si la précocité du tritordeum lui évite les sécheresses de fin de cycle. Photo : Dauphinoise

Allons-nous bientôt voir des baguettes au tritordeum dans les boulangeries ? En tout cas, la coopérative Dauphinoise a décidé de tester l’adaptation de cette céréale aux conditions rhônalpines, suite à la demande d’un meunier en 2015. Croisement entre le blé dur et une orge sauvage, le tritordeum est en effet présenté par ses obtenteurs comme tolérant à la sécheresse et aux maladies, avec des caractéristiques intéressantes pour l’alimentation humaine. Le tritordeum est produit sous contrat dans le cadre d’une filière gérée par Agri-Obtentions.

« Nous avons implanté des essais avec deux variétés dès 2015/2016, ainsi que deux parcelles chez des agriculteurs pour suivre les caractéristiques agronomiques et technologiques », indique Kevin Bernard, chargé de mission agro-environnement pour le groupe Dauphinoise. Les résultats ont été concluants, même « s’il reste encore beaucoup à découvrir », comme les courbes de réponse à l’azote. Le rendement a atteint 45 q/ha en grandes parcelles, contre 40 q/ha en parcelles d’essai, avec une fertilisation basée sur les indications d’un OAD blé. Ce résultat montrerait une certaine rusticité de la céréale. Aucun traitement n’a été effectué et la bonne tolérance aux maladies a été constatée, notamment les deux plus dommageables localement, la septoriose et la rouille brune. La culture n’a pas été irriguée.

 

L’expérimentation continue

Forte de ces résultats encourageants, la coopérative a décidé d’élargir l’expérience en implantant deux plateformes d’expérimentation et 30 ha sous contrat avec des adhérents à l’automne 2016. La moitié en bio et l’autre en conventionnel à chaque fois. La coopérative a conseillé de semer à une densité de 300 grains/m2 (soit 110 kg/ha avec les PMG de 2016), un peu supérieure à celle d’un blé meunier.

Le tritordeum repart assez vite au printemps, mais ses besoins en froid et sa résistance au gel font que le semis reste possible jusqu’à une date assez tardive, comme pour le blé dur. L’an dernier, la moisson avait été effectuée au 14 juillet, soit à peu près en même temps que le blé tendre.

En fonction de la climatologie, 2017 permettra ou non de vérifier si la précocité du tritordeum lui évite les sécheresses de fin de cycle. « Nous pensons que cette culture est adaptée aux conditions agronomiques de la région, résume Damien Ferrand, responsable du service conseil, recherche et développement du groupe Dauphinoise. Il reste à vérifier qu’une filière viable économiquement peut être construite en aval. »

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