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Semoir bi-variétal betteraves

Précision, baisse des charges et potentiel gain de rendement

Publié le 22/03/2018 - 15:07

La technologie du semoir bi-varietal de betterave devrait être testée par Tereos au printemps. © Annett Seidler/fotolia

Des zones de parcelles infestées par un champignon ? Des zones de terres différentes et/ou à plus haut potentiel ? Le semoir bi-variétal pourrait rendre le semis de betterave encore plus compétitif. En utilisant des variétés tolérantes seulement sur certaines zones et en optimisant la densité au potentiel et au type de sol, cette technique pourrait réduire les charges de l’agriculteur, tout en amenant un potentiel gain de rendement.

 

Développer des pratiques agricoles durables, innovantes et surtout compétitives, tels sont les objectifs de Tereos. Présenté au carrefour de l’innovation Tereos2017, le semoir bi-variétal va faire l’objet d’essai grandeur nature par le groupe coopératif : « La veille technologique que nous effectuons toute l’année nous pousse à capter l’innovation au plus vite, pour adapter et transmettre ces nouvelles technologies aux agriculteurs, explique Alexis Tordeur, responsable du service agronomique de Tereos. Le semoir bi-variétal est une technologie en provenance des États-Unis. Grâce à notre maillage international, notamment au Brésil où nos sucreries de canne à sucre développent également l’agriculture de précision et le big data, nous avons pris contact avec le constructeur pour faire venir cette technologie en France. Elle nous intéresse car l’objectif a toujours été la création de valeur ajoutée à l’hectare. Le revenu agricole dépend en effet du prix de la matière première, du rendement et des charges. Grâce au semoir bi-variétal, nous avons une nouvelle opportunité de réussir à réduire les charges et augmenter le potentiel de rendement : en conséquence, augmenter le revenu des coopérateurs. »

Ce semoir bi-variétal s’inscrit dans la dynamique de développement de l’agriculture de précision : « On voit que les agriculteurs cherchent de plus en plus cette précision, poursuit Alexis Tordeur. À la fois pour des raisons économiques et environnementales. Avant, on adaptait les pratiques à chacune des parcelles. Mais depuis 2010, on essaye de faire différent au sein d’une même parcelle. Cette modulation intra-parcellaire existe déjà pour les apports d’engrais principalement. Est-ce que cela sera effectif également pour le semis ? »

Pour répondre positivement à cette question, il faut disposer des éléments mécaniques nécessaires : « Du point de vue électronique, les semoirs monograines sont moins bien équipés que les semoirs à céréales, ajoute Alexis Tordeur. Il y a aujourd’hui assez peu de moyen pour moduler le semis à l’échelle de la parcelle. Mais avec l’arrivée des distributions électriques, deux voix s’offrent à nous. La première, c’est la possibilité de moduler la dose de semis au sein même de la parcelle de betteraves, selon les zones de potentiel. La seconde, c’est l’opportunité de changer de variété selon la zone. »

Une variété tolérante uniquement sur les zones infestées

Toutefois, le responsable du service agronomique tempère : « La modulation intraparcellaire ne pourra s’effectuer que s’il y a eu un diagnostic préalable. Il faut pourvoir cartographier et modéliser les zones où les maladies sont présentes et/ou les concentrations d’azote différentes par exemple. Le meilleur diagnostiqueur reste l’agriculteur, de par la connaissance de ses sols. Mais les outils de zonage comme la télédétection, les drones, les mesures de résistivité… sont également très fiables. »

Concrètement, le semoir bi-variétal pourrait maximiser le rendement dans chacune des zones de potentiel identifiées : « Le semoir serait composé de deux trémies par rang, précise Alexis Tordeur. La première avec la variété la plus productive, et la deuxième avec la variété tolérante à la maladie ciblée. Ainsi, si l’on se penche sur la problématique maladie, la distribution électrique déclencherait le semis de la variété tolérante dès l’entrée dans la zone. Les variétés tolérantes à des maladies comme le rhizoctone brun ou la rhizomanie sont certes mois productives de 10 à 15 % que les variétés conventionnelles, mais l’agriculteur pourra récolter des betteraves saines à cet endroit, même en cas d’infestation. Hors de ces zones, la semence plus productive, mais non tolérante, serait alors semée. Ensuite, la deuxième modulation concernerait la densité, quelle que soit la variété semée. Cette modulation pourrait être faite en fonction des types de sol, mais aussi de la teneur en azote, afin d’optimiser le tout. Par exemple, une zone de terre crayeuse nécessiterait davantage de graines à l’hectare pour couvrir le sol et capter un maximum et le plus rapidement possible l’énergie lumineuse. À l’inverse, des zones de terre argileuse pourraient recevoir un peu moins de graines à l’hectare, pour réduire la tare terre. »

Cette technologie à deux trémies et deux distributions électriques devrait être donc expérimentée chez des coopérateurs Tereos disposant de parcelles hétérogènes, et ceci, dès le printemps. 

 

Bandeau FMC

 

 

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