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Semences

Pioneer veut redonner le goût du maïs

Publié le 06/10/2017 - 09:10

Redonner des perspectives aux maïsiculteurs et à leurs filières : tel était l’objectif de Pioneer Semences, qui organisait une journée « Le maïs en révolution » ce 28 septembre. Malgré le soleil qui invitait plutôt les agriculteurs au champ, Pioneer a rassemblé 500 personnes sur son site industriel d’Aussonne, près de Toulouse.

Contribuer à recréer, d’ici dix ans, un demi-million d’hectares de maïs en France : Bruno Bertheloz, directeur général de Pioneer France, affiche l’ambition de son entreprise. Et plus généralement d’une filière qui a souffert ces dernières années. En quatre ans, la ferme France a perdu 25% de ses surfaces en maïs grain. Les raisons ? Elles sont nombreuses : citons parmi elles la Pac qui challenge la monoculture, la pression sur les cours, la fin des néonicotinoïdes, le climat, ou encore les restrictions d’irrigation…

Cette régression française serait une des rares exceptions mondiales : le maïs connaît une croissance mondiale. « Le monde a passé le cap du milliard de tonnes produites chaque année, détaille Didier Nédelec, directeur général d’ODA. Cela en fait la première céréale mondiale. La croissance démographique mondiale dope la demande, il n’y a donc pas de désaveu sur le maïs », a rassuré l’expert marchés, indiquant que les prix commençaient à se redresser.

Autant de signaux qui devraient inverser la tendance, analyse Bruno Bertheloz : « Le maïs est sorti à tort de certaines parcelles : les autres cultures sont loin d’être aussi souples. Mais la culture est complexe, et l’agriculteur doit mieux maîtriser son incertitude pour réussir. Et c’est notre rôle, chez Pioneer, de l’accompagner sur le terrain et de l’aider à trouver des alternatives. » 

 

Moduler la densité, du simple au double selon le potentiel

Pour cela, le semencier mise sur l’agronomie, le digital et l’agriculture de précision. « Le digital aide l’agriculteur à exploiter le maximum de la génétique sur chaque mètre carré de la parcelle », précise Samuel Douville, chef de projet agronomique chez Pioneer. La parcelle est au centre d’un système composé des variables sol, climat, et génétique.

Chez Pioneer, ces données sont intégrées dans une nouvelle version de Fit Services, un outil d’information des parcelles disponible gratuitement sur PC ou tablette pour tout agriculteur investissant via son distributeur dans la génétique de Pioneer. Des cartes de végétation, via des images satellites prises tous les cinq jours, aident l’agriculteur à comprendre comment se met en place la végétation, et l’hétérogénéité de la parcelle. Ses bottes au pied, il pourra agir directement : d’abord pour réparer certains facteurs, comme une buse d’irrigation défectueuse. Ensuite pour alimenter sa prise de décision.

Un conseil entre Pioneer et les maïsiculteurs

Fit Services réalise des recommandations de semis : « En compilant toutes les photos de l’année, une carte de modulation de doses de semis est éditée. Sur des parcelles très hétérogènes, la densité peut aller du simple au double pour une même variété », constate Samuel Douville. Pour ceux qui n’ont pas de semoir à modulation, l’ordinateur peut découper la parcelle selon le nombre de programmes souhaités par l’agriculteur, et peut aussi préconiser un autre sens de semis.

Fit Services sera bientôt complété par des cartes de sols, pour la réserve utile, des indices météo, et des cartes de rendement. Cet outil est proposé aux agriculteurs par les équipes techniques Pioneer. Certains distributeurs en partenariat avec le semencier peuvent également le proposer.

 

Le Dry, pour « remettre de la valeur » à 15 d’humidité

Outre cette solution d’accompagnement digital, Pioneer a insisté également sur le Sem expert Dry. Un hybride grain spécifique, semé en Sem-expert, pour éviter les stress et récolter avec une faible humidité pour limiter les frais de séchage. L’idée défendue par Pioneer ? Sécuriser la marge à l’hectare.

 

 

Philippe Gambazza (à droite) accompagné de son conseiller technique. © Pixel Image

Philippe Gambazza, agriculteur à Auterive (Haute-Garonne), teste cette solution depuis 6 ans : « Cette année, j’ai semé fin février. J’ai récolté en septembre un maïs à 15 ou 16 d’humidité. Côté rendement, la moyenne est à 85 q/ha aux normes. Cette culture s’est positionnée comme une alternative rentable au tournesol, qui était attaqué par les oiseaux, et m’a permis de régler le problème de ray-grass résistant. De plus, la récolte précoce m’aide à réaliser les semis de blé dans de meilleures conditions. Il y a certes certaines contraintes : si le printemps est trop pluvieux, et que le semis en mars n’est pas possible, j’évite de semer du Dry. »

 

Zéro frais de séchage, mais quelques grains cassés

Même son de cloche, dans le Lauragais cette fois, qui avait quasiment vu disparaître le maïs de ses campagnes : Daniel Pélisse cultive du Dry depuis 4 ans. « Ce maïs a pris la place d’une tête de rotation. Depuis trois ans, je n’irrigue plus le maïs. Sur les 40 ha, en terres limitantes, j’obtiens un rendement moyen pluriannuel de 95 q/ha, équivalent à 11 t/ha à 24 d’humidité. Cette année, j’ai semé le 23 février, et récolté le 15 septembre. » Toute sa production, 400 tonnes à l’année, est transformée sur l’exploitation en farine pour son troupeau allaitant de 300 têtes.

Ces deux agriculteurs travaillent avec leurs ingénieurs techniques et utilisent l’offre Pioneer Services, qui les guide du semis à la récolte, dans le choix de la variété, les traitements foreurs ou encore la fertilisation. Et qui garantit, sous certaines conditions d’échec de la levée, le remplacement de la semence.

Il reste aux équipes de Pioneer à parfaire la récolte, notamment les réglages de la moissonneuse, pour cette culture récoltée avec une barre de coupe à tournesol à un si faible taux d’humidité : si elle est économe en frais de séchage, les grains brisés peuvent entraîner des réfactions.

En France, ce type de maïs aurait dépassé cette année la barre des 10000 hectares. L’objectif à cinq ans ? « Au minimum un facteur dix », estime Bruno Bertheloz. De quoi alimenter en partie l’objectif du demi-million d’hectares attendus d’ici 2027.

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