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Fertilisation

Orges : éviter la chute des protéines... et de la mousse

Publié le 18/04/2016 - 13:03

Malteurs et brasseurs l’ont affirmé hier avec force à l’occasion du 18e colloque orges brassicoles : les orges brassicoles et la protéine, c’est ni trop ni trop peu… Ces industriels s’inquiètent en effet d’un effritement des taux de protéines. Avec les bons rendements annoncés, la solution est dans le pilotage.

Orges : éviter la chute des protéines... et de la mousse © Vaclav Mach / Fotolia

Il y a dix ans, les acheteurs d’orges brassicoles ont souvent expliqué qu’il ne fallait absolument pas dépasser 11,5 de protéines. Visiblement, le message est bien passé et toute la filière de l’obtenteur à l’agriculteur s’est mise au travail. Les orges brassicoles ont beaucoup plus rarement des taux de protéines excédentaires. Tant et si bien que les malteurs et brasseurs s’inquiètent aujourd’hui d’un effritement des taux de protéines. « L’idéal est un taux de protéines centré sur 10,5, explique Jean-Philippe Jelu des Malteries Soufflet. Un taux de protéines trop bas ne nous permet pas de répondre aux exigences qualitatives des brasseurs. » Les protéines sont par exemple indispensables pour une bonne tenue de la mousse de la bière... un critère qualité que les amateurs comprendront aisément !

 

Jean-Philippe Jelu, Malteries Soufflet.
Pour autant, pas question de retomber dans les anciens travers avec des taux de protéines trop élevés. Les spécialistes d’Arvalis Institut du végétal se sont penchés sur la question. L’innovation variétale en orge brassicole a permis des gains de rendement significatifs tandis que les pratiques de fertilisation encadrées par la réglementation n’accompagnent pas ce besoin supplémentaire d’azote. Il en résulte assez souvent une sous-fertilisation des orges.
Piloter d'urgence

Face à ce problème, la solution est le pilotage de l’azote. Seule l’utilisation d’un outil de pilotage peut en effet détecter de façon sûre les situations de carences en azote tout en évitant les excès.

Pour les orges d’hiver, il est trop tard mais pour les orges de printemps, rien n’est perdu. « Étant donné les récentes innovations variétales performantes et les bonnes conditions de cette campagne, le pilotage me semble indispensable pour éviter les phénomènes de dilution de la protéine et donc des orges inadaptées au marché », affirme Luc Pelce d’Arvalis Institut du végétal.

Pour l’instant, un seul outil de pilotage a été validé par cet institut pour cet usage orge brassicole : la pince N-Tester. « C’est l’outil sur lequel nous disposons de plus d’éléments pour pouvoir avancer rapidement », explique Edouard Baranger. La méthode est disponible dès cette campagne en mode « extra » avec mise en place d’un étalon surfertilisé (X+100 U lors du 2e apport). Sur le reste de la parcelle, la dose totale est apportée en deux apports puis une mesure est réalisée avec la pince au stade 1 nœud. Si une carence est diagnostiquée, un apport de 30 unités est préconisé avant le stade deux nœuds.

Dans la plupart des régions productrices, il n’est pas encore trop tard pour mettre en place ce pilotage. Mais il faut bien penser à surfertiliser quelques mètres carrés de la parcelle dès le deuxième apport pour disposer d’un étalon. Par ailleurs, il faut préciser que cette méthode de pilotage est à réserver aux situations à potentiel de rendement supérieur à 65 q/ha et plutôt dans les cas où il n’y a pas de risque de minéralisation tardive importante (fort taux de matière organique et/ou apports d’effluents organiques).

Pour rappel, dans les zones soumises à la directive nitrates, l'utilisation d'un outil de pilotage permet de justifier un apport supplémentaire par rapport à la dose préconisée par le bilan.

 

 

 

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