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Pratiques culturales

L'irrigation pour optimiser le rendement du tournesol

Publié le 10/06/2020 - 08:33

L'irrigation du tournesol dans les sols superficiels et intermédiaires assure une meilleure marge brute

 

Selon Terres Inovia, le tournesol mérite d’être irrigué pour augmenter sa marge brute, à condition de respecter certaines précautions.

Selon les enquêtes de Terres Inovia sur les pratiques culturales, l’irrigation est peu pratiquée sur tournesol. Dans le Sud-Ouest par exemple, près de 20% des surfaces sont irrigables et seulement 5% d’entre elles reçoivent un ou des tours d’eau. Cela reflète ce qui se passe en France (16% de surfaces irrigables, 5% irriguées).

Pourtant, dans certains cas, l’oléagineux aurait intérêt à être irrigué. L’eau est le premier facteur limitant avec une période sensible autour de la floraison.

Pour assurer les besoins en eau du tournesol, rappelle Élodie Tourton, ingénieur de développement en Poitou-Charentes, Vendée et Limousin, 230 mm sont nécessaires du début de la floraison au remplissage des grains pour assurer un rendement de 30 q/ha.

Terres Inovia mentionne aussi que le tournesol est une plante qui valorise bien l’eau. Elle peut consommer jusqu’à 550 mm d’eau quand un maïs en absorbe 520 mm (sorgho : 450 mm ; soja : 480 mm). Mais si 75% des besoins totaux du tournesol (consommation d’eau sans restriction) sont couverts (soit 415 mm d’eau), il est capable de réaliser son rendement maximal tandis que le maïs requiert 495 mm d’eau (soit 95% de ses besoins) pour réaliser cette même performance. Voilà une des raisons qui explique que le tournesol réagit mieux au déficit hydrique.

Les sols intermédiaires et superficiels valorisent mieux les apports d’eau. Terres Inovia indique des gains de rendement de +9 q/ha/100 mm d’eau apportée en sol superficiel lorsque les conditions climatiques sont moyennes et +12 q/ha en cas de sécheresse. Pour les sols intermédiaires, les gains sont respectivement de +8 et +12 q/ha/100 mm d’eau apportée. En sol profond, des gains sont possibles mais moins conséquents et plus aléatoires (respectivement +6 et +9 q/ha/100 mm d’eau apportée).

Le tournesol est capable de s’adapter au stress hydrique

Tous ces résultats s’expliquent par la physiologie. Si la plante subit un premier stress pré-floraison, elle est capable de mettre en place un mécanisme d’endurcissement. Cela se traduit par une limitation de l’évapotranspiration de 60%, un ralentissement du flétrissement foliaire et au final une amélioration de l’efficience de l’eau. Ainsi le tournesol peut supporter un déficit de 100 mm avant floraison.

Si la plante n’a pas subi de stress avant la floraison, précise Élodie Tourton, elle sera moins armée pour lutter contre la sécheresse au moment de la floraison. 

Selon Terres Inovia 1 à 3 tours d’eau à 30/40 mm d’eau chacun peuvent être nécessaires pour optimiser le rendement et le remplissage des grains. Lorsqu’un seul tour d’eau est possible et lorsque la parcelle a un développement faible à modéré en sol superficiel, il sera positionné juste avant floraison voire plus précocement si des feuilles jaunissent. En sol profond, le tour d’eau commence fin floraison.

S’il est possible, le second tour se programme 10 jours après le premier s’il n’a pas plu. Il sera décalé d’un jour par 5 mm d’eau tombée (pluie de 15 mm, décalage de trois jours). Le troisième tour d’eau s’effectue au stade bouton étoilé en sol superficiel et 10 jours après la fin floraison en sol profond. Pour les parcelles normales et exubérantes, le premier tour d’eau commence fin floraison puis 10 jours plus tard. Et le troisième tour n’apporte pas forcément des gains de rendements. Ainsi, plus le sol est séchant et l’été sec, plus l’irrigation contribue à augmenter la marge brute.

 

L’irrigation peut contribuer à augmenter la marge brute

À titre indicatif, la marge brute augmente significativement grâce à l’irrigation dans les sols superficiels et intermédiaires.

                                       

Par rapport à d’autres cultures d’été comme le soja ou le maïs, le tournesol irrigué va être tout particulièrement compétitif dans des sols superficiels et dans une moindre mesure dans les sols intermédiaires avec des apports d’eau limités (inférieurs à 120 mm) et avec l’atout d’un arrêt précoce de l’irrigation (avant le 10 août pour une date de semis normale).

                                               

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