Imprimer
Commentaires
Néonicotinoïdes

Les ruches exposées modifient leur stratégie

Publié le 04/12/2015 - 11:32

C. Milou/Pixel Image

Une étude en plein champ menée par l’Inra, Terres Inovia, le CNRS, l’Itsap-Institut de l’abeille et l’Acta, a conforté les essais en laboratoire qui portaient sur les risques de désorientation des abeilles exposées au thiaméthoxame appliqué en traitement de semences du colza. La nouvelle étude a ainsi révélé que la proximité de parcelles traitées avec ce néonicotinoïde diminuait l’espérance de vie des butineuses. Pour faire face à cette surmortalité, les colonies modifient leur stratégie de production de couvain : elles privilégient le renouvellement des ouvrières.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont équipé 7000 abeilles de micropuces afin de surveiller les entrées et sorties de la ruche. L’aire de butinage des abeilles s’étendait sur un territoire agricole de 200km² comprenant des parcelles de colza dont les semences étaient traitées au thiaméthoxame.

Les résultats ont montré que le risque de mortalité des abeilles augmentait en fonction de l’exposition des ruches selon un gradient lié à la fois à la taille des parcelles de colza et à leur distance de la ruche. Toutefois, malgré les mortalités observées, les chercheurs n’ont pas relevé d’incidences sur les performances des ruches, traduites en quantité de miel. Pour expliquer ces résultats, ils avancent l’hypothèse de la mise en place de mécanismes de régulation démographique au sein de la ruche afin de maintenir des effectifs suffisants d’ouvrières et de butineuses.

Par ailleurs, des traces d’imidaclopride ont été détectées dans des échantillons de nectar prélevé dans des fleurs de colza et dans le nectar collecté par les abeilles butineuses. Cette co-exposition complique l’évaluation du risque en plein champ, car il n’a pas été possible de distinguer les impacts respectifs des molécules sur les abeilles.

Cette étude souligne la difficulté de mesurer précisément les risques encourus par les abeilles exposées aux traitements phytosanitaires. Aussi, les auteurs de l’étude confirment l’importance d’évaluer les effets chroniques de faibles doses de produits avant leur mise sur le marché, tout comme les effets cumulatifs entre différentes matières actives.

Pour aller plus loin :

Étude publiée le 18 novembre 2015 dans la revue Proceedings of the Royal Society B. (en anglais)

http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/282/1819/20152110

ou lire le communiqué sur http://www.inra.fr/

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Produits à comparer

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Relations Culture
  • TCS
  • Viti Leaders