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Accompagnement des cultures

Les macérations de plantes participent à la protection des cultures

Publié le 30/07/2021 - 10:47

Orties fraichement récoltées en prévision d'une macération.Photo : AgroLeague

Peu onéreuses, simples à préparer et à stocker, les macérations de plantes laissent entrevoir des effets positifs sur la croissance des cultures, l’activité biologique, la structure du sol et offrent des perspectives de réduction de la chimie. 

Le principe d’une macération est d’extraire les substances actives contenues dans une plante pour les pulvériser sur la culture ou sur le sol. Les espèces végétales utilisées dans la préparation (ortie, consoude, fougère, luzerne, prêle, bardane, saule) contiennent naturellement des souches de micro-organismes locaux. Sous l’action de ces micro-organismes, les matières organiques sont soumises à la fermentation, ce qui entraîne la production d’une diversité de molécules d’intérêt pouvant être réutilisées par les cultures (minéraux, acides aminés, enzymes, antioxydants).

Une aide à la réduction du potentiel pathogène et à la structuration du sol

L’application de macérations au sol entraîne un ensemencement d’une diversité de micro-organismes bénéfiques qui vont occuper les niches écologiques et rendre le milieu moins favorable au développement des micro-organismes pathogènes. Cet ensemencement bactérien stimule également le processus de décomposition de la matière organique dans le sol, favorise la libération des éléments et accélère l’humification. Le résultat de ce processus est la production de glomaline ("colle du sol") qui va aider à agréger et à structurer les particules du sol. Cet aspect est particulièrement intéressant pour les systèmes agricoles qui pratiquent le semis direct. 

Le coût d’une application de macération est de l'ordre de 10 euros/ha contre environ 20 euros/ha pour une application de fongicide (jusqu’à 50 euros/ha en pleine dose à la dernière feuille en céréales). Comme les macérations sont appliquées de manière préventive et successive, le coût final équivaut à celui d’une gestion purement chimique. Les bénéfices potentiels sont donc annexes : réduction de la chimie, plantes plus vigoureuses, dégradation rapide des résidus, structuration du sol. 

Trois applications de macérations sur blé tendre

Des retours d’expériences d’utilisateurs mettent en évidence un vrai plus suite à l’intégration de ces préparations dans leurs itinéraires culturaux. C’est le cas de Stéphane Billotte, membre AgroLeague dans l’Yonne, qui a généralisé les applications de macérations sur l’ensemble de sa surface depuis 2013. À l’échelle d’un cycle cultural de blé tendre, il fait jusqu'à trois applications de macérations : orties-consoude au stade 3 feuilles à l’automne, orties en sortie d’hiver puis orties-consoude au printemps avant floraison. Il est recommandé de les utiliser en préventif et d’éviter d’appliquer des macérations lorsque la plante est stressée (toujours attendre 10 à 12 jours après une application chimique pour pulvériser une macération sur une culture).

Avec son groupe local, Stéphane a multiplié les essais dans différents contextes pédoclimatiques afin de comparer les effets des macérations sur la productivité des céréales en comparaison avec des modalités chimiques. La synthèse de 25 essais au champ en blé tendre a montré un niveau de protection équivalent à de la chimie avec les macérations :  61,5 q/ha pour les modalités témoins, 67 q/ha pour les modalités avec fongicides, 67,5 q/ha pour les modalités avec trois applications de macérations et 68 q/ha pour les modalités avec fongicides + macérations. 

Au niveau du sol, Stéphane a remarqué un effet structurant suite à l’utilisation des macérations, en particulier sur des sols limono-battants. En effectuant des profils de sol sur des parcelles d’essais pour comparer des modalités avec et sans macérations, il a pu observer une différence significative au niveau de l’aération du sol et de l’exploration racinaire. 

À plus long terme, il a observé un vrai boost au niveau du gain de matière organique. Il a remarqué qu’en semis direct sans macération, il gagnait environ 0,1 % de matière organique par an. Les premières années où il a généralisé l’utilisation des macérations, il a réussi à multiplier ce chiffre par trois.

 

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