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Agriculture biologique

Les légumineuses indispensables à l’agriculture biologique sans apport organique

Publié le 23/06/2020 - 10:02

Les légumineuses indispensables à l’agriculture biologique sans apport organique. © Yotto/Adobe Stock

Une rotation des cultures bien gérée est une composante importante des systèmes de production biologique et s’avère un élément clé pour assurer une gestion optimale des nutriments. La succession et la diversification des cultures en AB équilibrent le bilan humique par les différentes restitutions qu’elles apportent au sol grâce à leur biomasse foliaire ou racinaire.

Dans un système biologique sans apport organique, la fourniture des éléments nutritifs dépend essentiellement des résidus des cultures produites sur l’exploitation. Le maïs grain, le colza et les protéagineux sont des cultures qui produisent beaucoup de matière. De par leur décomposition, elles contribuent à l’entretien du stock d’humus du sol. C’est le même constat pour les céréales, à condition de raisonner l’exportation des pailles pour éviter un bilan humique déficitaire.

Mais la contribution des légumineuses dans la rotation est capitale pour maintenir un sol productif. Sans légumineuse et plus particulièrement sans luzerne, l’autonomie en azote de l’exploitation est plus difficile à atteindre.

Choisir la date de destruction optimale

60% de l’azote contenu dans la luzerne est minéralisé dans les 18 mois suivant sa destruction. D’après un essai longue durée mené par l’Inra de Clermont-Ferrand, cette libération peut se prolonger jusqu'à quatre ans après destruction.

La date de retournement et le choix de la culture suivante sont donc à raisonner. Dans le cas d’une destruction précoce de la luzerne, l’implantation d’un couvert d’interculture pour piéger l’azote avant le semis d’un blé tendre d’hiver, voire d’un colza, est essentielle. En revanche, en cas de destruction au printemps, une attention particulière est à prêter à l’interculture suivante pour profiter un maximum de l’azote libéré et limiter les pertes. Semer un maïs dans cette situation relève de la logique agronomique.

Trop d’azote disponible pour un blé semé derrière une luzerne

« Traditionnellement en agriculture biologique, la luzerne est détruite fin d’été pour semer un blé à l’automne. Or, la quantité d’azote disponible après la légumineuse est très souvent supérieure aux besoins du blé en période hivernale, ce qui peut entraîner des pertes d’azote par lixiviation. À cette période, il prélève seulement une vingtaine d’unités par hectare. Revoir sa rotation et détruire la luzerne en fin d’hiver pour semer des cultures de printemps permettrait une meilleure valorisation de l’azote », explique Gilles Salitot, conseiller bio à la chambre d’agriculture de l’Oise.

« Après sa destruction, la luzerne libère une centaine de kilogrammes d’azote par hectare et par an et cela pendant les deux années qui suivent son retournement, précise le technicien. Sa place dans la rotation est donc essentielle. Les légumineuses sont bien valorisées juste avant des cultures exigeantes en azote, c’est le cas du colza ou des légumes de plein champ. »

Selon le Comifer, la grande majorité des parcelles de colza absorbent entre 30 et 300 kgN/ha, soit 10 à 100% de leurs besoins totaux, pendant la période de drainage (octobre à février). Le colza permet donc d’éviter les pertes d’azote en hiver, répondant ainsi aux préoccupations agronomiques et environnementales de l’agriculteur.

 

 

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