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Agriculture régénérative

Les ferments lactiques, piliers de l’agriculture régénérative

Publié le 07/01/2022 - 10:55

Le compostage de surface, comme l’un des principaux piliers de l’agriculture régénérative, participe à améliorer rapidement la structure du sol. Crédit photo : Ulrich Schreier

L’agriculture régénérative a été initiée outre Rhin par Wenz et Dietmar. Elle est en partie basée sur les mêmes fondements de l’agriculture de conservation des sols avec l’ambition d’un "pont vert" permanent ou, du moins, d’une couverture du sol la plus longue possible durant l’année. La diversification des cultures fait bien évidemment aussi partie intégrante de ses principes. En revanche, elle est moins pointilleuse sur la non-perturbation du sol.

Cependant, et c’est là l'un de ses principaux piliers, elle n'hésite pas à recourir à l’épandage de ferments lactiques, afin de minimiser les effets néfastes des interventions mécaniques sur le sol et d'accélérer les processus biologiques. Avec le compostage de surface, les ferments lactiques ont pour rôle d’orienter la dégradation des couverts végétaux vers des molécules complexes moins lessivables et moins minéralisables, favorisant ainsi la création d’humus.

Une approche applicable à tout type d’agriculture

"Les ferments lactiques ont leur place dans l’approche de l’agriculture régénérative pour aider les processus biologiques, avance Robin Euvrard, chargé des formations au sein d’Eco-Dyn. D’ailleurs, ils sont déjà présents dans le milieu naturel au travers des réactions métaboliques intervenant dans le sol. En pulvériser vise à accélérer les processus biologiques naturels. De plus, avec leur pH très faible – inférieur à 4 – les ferments lactiques affichent un pouvoir réducteur très important qui aide à contrebalancer la forte oxydation provoquée par le travail du sol. Dès lors, il est possible d’en appliquer à chaque intervention, ou presque."

Au-delà de "tamponner" l’effet des interventions mécaniques, "les ferments lactiques jouent un rôle dans l’évolution des sucres apportés dans le sol, souligne Jérémy Ditner, agriculteur en Alsace et fervent pratiquant de l’agriculture régénérative. Ils favorisent la construction de composés complexes moins accessibles aux micro-organismes de décomposition, réduisant ainsi le risque de fuite en dehors du système sol et favorisant la construction d’humus"; les premiers pas de l’auto-fertilité tant attendue… "à condition de les appliquer quand les conditions pédoclimatiques sont favorables à la multiplication de ces populations de bactéries lactiques", avance sans hésiter Robin Euvrard.

Équilibrer les éléments nutritifs en premier

Pour piloter au mieux cette approche globale, l’étape initiale et primordiale vise à équilibrer les éléments nutritifs du sol et à ne pas baser la fertilisation uniquement sur les exportations. Ainsi est-il préconisé de vérifier, par des analyses physico-chimiques, les équilibres chimiques des différents éléments du sol entre eux, selon la méthode Kinsey-Albrecht.

Et il convient de corriger ensuite les éventuelles carences ou les excès. "Il est préconisé de recourir à la méthode Kinsey-Albrecht, car elle met mieux en évidence que d’autres les déséquilibres entre les différents éléments du sol, jusqu’aux oligo-éléments, souligne Robin Euvrard. Or, un déséquilibre entre éléments nutritifs dans le sol peut entraîner des blocages métaboliques et empêcher l’activité biologique de fonctionner à son optimum."

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