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Fertilisation

Les bactéries Methylobacterium favorisent la nutrition azotée

Publié le 24/11/2022 - 09:05

"Les plantes vivent en interaction avec le microbiote du sol qui les entoure, rappelle Sophie Slezack, professeure à l’Ensaia, lors d’un webinaire organisé par La Factory Groupe NGPA. Certains micro-organismes agissent sur la nutrition azotée de la plante. C’est le cas des bactéries du genre Rhizobium, fixées sur les légumineuses, et des bactéries appelées «fixateurs libres» du genre Azobacter ou Methylobacterium." Ces dernières sont endophytes, c’est-à-dire qu’elles ont la capacité de coloniser la plante, d’influencer son fonctionnement et sa résistance aux stress biotiques et abiotiques. Elles ont un rôle particulièrement intéressant, puisqu’elles transforment l’azote atmosphérique, N2, en azote ammoniacal, NH4+. Cette forme minérale devient assimilable par la plante qui profite d’une source d’azote non accessible naturellement et à raison d’une trentaine d'unités par hectare.

Des résultats prometteurs à confirmer

Corteva commercialise le biostimulant Utrisha®N, à base de bactéries endophytes Methylobacterium symbioticum de la souche Sb23. Une fois mises en solution et pulvérisées sur les plantes, les bactéries sont réactivées. "Au moment de l’application, les conditions météo doivent être poussantes et la plante en bonne santé, préconise Clément Pottiez de la société Corteva. Il faut intervenir idéalement entre 10 et 25°C, avec une hygrométrie supérieure à 70%. Dans ces conditions, les stomates de la plante sont ouverts et permettent aux bactéries de s’introduire dans les tissus végétaux et de coloniser ensuite entièrement la plante." Pour assurer leur survie, ces bactéries endophytes sont mieux protégées des stress liés au rayonnement UV, aux variations de températures et à la disponibilité en eau.

"Les résultats de nos essais avec l’application de Utrisha®N sont encore provisoires et restent à confirmer, prévient Clément Pottiez. Cependant, dans le cas d’un déplafonnement de l’azote, ils laissent présager un gain de rendement de 2,2q/ha pour le blé, de 4q/ha pour le maïs et d'1,9t/ha pour les pommes de terre. La valeur alimentaire du maïs fourrage apparaît également meilleure, car elle contient plus d’amidon."

De son côté, Arvalis n’observe pas de différence significative sur le rendement en protéines des blés. Pour Sophie Slezack, ces solutions biostimulantes sont prometteuses. "Toutefois, pour améliorer leur efficience et leur contribution aux besoins de la plante, il convient d’identifier l’ensemble des facteurs qui interviennent pour pouvoir moduler les éléments qui composent ce biostimulant", conclut-elle.

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