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Colza

La post-levée deviendra bientôt le pivot du désherbage en colza

Publié le 20/07/2020 - 09:33

Entre les dicots « classiques » (véronique, stellaire, gaillet gratteron, etc.), les astéracées (matricaire, laiteron, bleuet, etc.), les géraniums, les crucifères, les ombellifères et les graminées (vulpin, ray-grass, pâturin annuel, repousse de céréales, etc.), la flore adventice du colza est très diversifiée en France. Et c’est sans compter la flore estivale (mercuriale, chénopode, morelle noire et renouée) – habituelle adventice des cultures d’été – que l’on peut désormais retrouver dans la culture de colza compte tenu de l’avancée des dates de semis pour assurer une biomasse suffisante à la culture en entrée d’hiver afin de lutter contre les insectes d’automne.

Cela étant dit, une enquête de Terres Inovia de 2018 montre que la première préoccupation des colzaïculteurs reste les graminées avec le vulpin en tête dans la zone Est et le ray-grass dans les zones Ouest et Sud-Ouest. Néanmoins, la majorité des agriculteurs jugent leurs parcelles de colza propres.

L’impasse sur le désherbage de prélevée est envisageable en colza

La pression des adventices graminées est importante dans la définition de la stratégie de lutte. Au-delà, bien entendu, des leviers agronomiques comme la rotation, le labour ou le semis direct, l’arrivée sur le marché de l’herbicide Mozzar/Belkar rebat les cartes de la stratégie de désherbage de prélevée systématique. « Si dans l’historique des applications de prélevée, il ne reste que quelques plantes, cela signifie que la pression est plutôt faible, note Jean Lieven, ingénieur régional au sein de Terres Inovia lors de la formation Colza Live "le désherbage du colza" du 6 juillet 2020. L’impasse sur la prélevée est envisageable. »

Les nouvelles stratégies de désherbage tout en post-levée qui se dessinent montrent en effet une gestion des graminées, avec la propyzamide, pas toujours suffisante. Or, c’est le point fort des programmes combinant pré-levée et post-levée. Mais le coût de la pré-levée et les impasses techniques identifiées tendent aujourd’hui à orienter vers d’autres solutions notamment s’il s’agit de gérer la pression en géraniums. Ce qui dans ce cas permet en plus d’éviter ou de limiter l’investissement lors de l’implantation de la culture et d’adapter le coût du désherbage à la flore en présence une fois la culture bien implantée. Si l’implantation de la culture échoue, à l’inverse, l’absence de désherbage de début de cycle offre une plus grande liberté dans le choix de la culture de remplacement.

Cependant, quelques réserves sont à préciser, « Mozzar/Belkar s’avère décevant sur capselle dans nos essais et l’efficacité sur matricaire reste très moyenne », indique Terres Inovia qui précise également que « la stratégie de post-levée demande plus de technicité que les stratégies habituelles en pré-levée ».

La première intervention de post-levée au 1er octobre

Il faut savoir intervenir ni trop tôt ni trop tard… Pour un bon positionnement pivot de Mozzar/Belkar, l’institut technique note que son application doit être réalisée à partir du stade B4 du colza mais pas avant le 1er octobre. C’est le bon moment pour toucher à la fois les dicotylédones levant au moment du semis et celles levant un peu plus tard durant le cycle (gaillet, matricaire, coquelicot). L’institut cite une exception toutefois pour les levées d’adventices avant le 15-20 août : « Pour éviter toute insuffisance d’efficacité en cas de forte pression géranium et capselle, il est préconisé d’intervenir dès le stade quatre feuilles. Mais il est alors nécessaire de coupler ce passage avec un autre car ce dernier n’a aucune action sur coquelicot, matricaire et gaillet. »

Pour les autres situations sans problème de graminées, un unique passage de 0,25 l/ha de Mozzar/Belkar est envisageable avec une bonne efficacité sur géranium et gaillet. Ce qui était jusqu’alors le frein à une telle stratégie. Pour des pressions modérées d’adventices graminées, un complément à ce premier passage en post-levée avec une propyzamide peut combler les lacunes de Mozzar/Belkar. En cas de forte pression graminées, la pré-levée trouve alors toute sa place.

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