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Désherbage

Gestion des adventices, penser l'agronomie avant le désherbage

Publié le 25/05/2022 - 10:11

Le réseau DEPHY EXPE représente 41 projets, 197 sites d’expérimentation, 260 systèmes innovants. Ces programmes sont financés dans le cadre du plan Ecophyto pour une durée de cinq ans, avec pour objectif l’étude de différents leviers et approches agroécologiques pour limiter le recours aux produits phytosanitaires. Lors d’un webinaire organisé par l’Acta, Vincent Cellier de l’Inrae a présenté les travaux du projet Rés0Pest. Ce dernier est un réseau expérimental constitué de 9 sites, 9 dispositifs et 9 systèmes de production différents avec un objectif "zéro phyto" sur les parcelles.

Penser l’agronomie avant le désherbage

Les causes de développement des adventices dans une parcelle sont multiples. Elles sont liées entre autres à la dynamique de levée de la culture (plus elle est rapide et moins l’adventice a le temps et l’espace pour se développer), à l’état hydrique du sol (plus il est sec, plus la culture peine à croître au profit des adventices) et à la fertilisation azotée. Pour gérer les adventices sans recourir aux herbicides, Vincent Cellier et son équipe ont mis en place différents leviers agronomiques, dont les résultats sont attendus:

  • l’allongement de la rotation (de trois ans à sept ans) avec la diversification des cultures pour varier les périodes d’implantation et briser le cycle végétatif des adventices.
  • L’implantation de cultures étouffantes quand les conditions le permettent.
  • Une couverture maximale du sol avec des cultures intermédiaires.
  • La pratique du labour pour enfouir les graines en alternance avec d’autres travaux du sol.
  • La pratique de faux semis en interculture pour déstocker les adventices annuelles et détruire les vivaces.
  • Le retard de la date de semis ou l’augmentation de la densité de semis, voire la réduction de l’écartement entre rangs pour réduire les adventices d’automne (vulpins).
  • La pratique du désherbage mécanique avec la herse étrille, la houe rotative ou la bineuse. À noter que l’écimeuse reste l’ultime recours pour éviter la grenaison des adventices.

"L’approche du système de culture se fait sur la gestion de la succession des cultures et la composition de l’interculure. Le pilotage du désherbage vient ensuite", précise Vincent Cellier.

Les adventices, pas problématique pour le rendement

Pour mesurer la compétition entre les adventices et la culture, Vincent Cellier a effectué différents relevés de biomasse. Ainsi, il a établi un ratio entre la quantité de biomasse du couvert et la quantité de biomasse totale (culture + couvert). "Les résultats sont variables selon les sites, mais globalement, on remarque que les adventices ne sont pas problématiques pour le rendement du blé si l’infestation reste modérée, souligne-t-il. Les performances de la culture peuvent aussi être liées à d’autres facteurs. Toutefois, pour une même quantité mesurée de biomasse d’adventices sur différents sites de prélèvement, l’effet sur le rendement de la culture est moins marqué lorsque celle-ci est bien développée."

 

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