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Témoignage

En culture ou en couvert, les légumineuses intègrent la rotation

Publié le 09/09/2016 - 10:42

La rotation reste le levier principal de la production intégrée. Laurent Pierson, agriculteur à Baslieux (54), l’a bien compris. Sur l’EARL de Saintignon, le pois de printemps, l’orge de printemps, le soja et les couverts de légumineuses font partie intégrante de l'assolement.

Laurent Pierson exploite 188 ha à Baslieux, dans le nord de la Meurthe-et-Moselle. Il élève 70 vaches allaitantes limousines et engraisse 25 à 30 génisses par an qu'il vend au boucher du village.

Laurent Pierson a introduit le soja il y a deux ans dans son assolement. Il le valorise directement dans son atelier d'engraissement. Photo : H.Grare/Pixel Image.

Sur les 130 ha de cultures que compte l'exploitation, Laurent Pierson a consacré, sur la dernière campagne, 3 ha à l'épeautre, 5 ha au pois de printemps, 4 ha orge de printemps, 6,5 ha au maïs, 2 ha au soja, 31 ha au colza, 42 ha au blé d’hiver, 27 ha à l'orge d’hiver, et 10 ha aux prairies temporaires 10 ha.

Si, avec l'introduction de l'orge et du pois de printemps et du soja, la part des cultures de printemps a fortement augmenté, les céréales d’hiver représentent encore trois quarts des surfaces.

J’exploite des parcelles éloignées en Meuse, sur lesquelles j’ai maintenu une rotation colza-blé-orge. Ça fonctionnait jusqu’à présent. Mais la situation commence à se détériorer, la pression vulpins augmente, reconnaît Laurent Pierson.

L’introduction d’une orge de printemps dans la rotation colza-blé-orge ne suffit plus. Pour résoudre les problèmes de désherbage tout en répondant à la problématique de résistance des vulpins, des insectes et aussi des maladies, il faut, aujourd'hui, intégrer une 5e culture dans la rotation. Les éleveurs choisissent souvent le maïs. Les légumineuses ont aussi économiquement leur place dans les systèmes, appuie Frédéric Arnaud, conseiller agronomie à la chambre d'agriculture de Meurthe-et-Moselle.

Laurent Pierson pratique plusieurs rotations en fonction des parcelles : colza-blé d’hiver-pois-blé-orge d’hiver/orge de printemps-orge d’hiver ou colza-blé d’hiver-maïs-blé d’hiver (épeautre)-orge d’hiver/orge de printemps.

 On recommande de mettre au moins deux cultures de printemps de suite pour bien rompre le cycle des adventices, interpelle Frédéric Arnaud.

Le pois, un atout sur la rotation

Laurent Poinsignon cultive le pois de printemps depuis plusieurs années et ce malgré les déboires qu’il a pu rencontrer à la récolte.

Le pois permet de maintenir de bons potentiels de rendement sur l’ensemble de la rotation et de mieux maîtriser le désherbage.

Si les difficultés à la récolte sont le principal frein à la culture du pois, l’évolution génétique va dans le bon sens depuis les années 1980. Les nouvelles générations de pois qui arrivent sur le marché s'annoncent encore plus performantes.

Laurent Pierson accueille sur son exploitation un essai d’association du pois avec une culture de service qui doit jouer le rôle de tuteur. La technique est beaucoup pratiquée en agriculture bio mais il y a encore peu de références en conventionnel. La pratique a une contrainte : elle implique une espèce supplémentaire à récolter et à trier.

Et économiquement, le pois présente-t-il un intérêt ?

Il ne faut pas raisonner à la culture mais sur la rotation, rappelle Frédéric Arnaud. Si vous regardez culture par culture, le pois a une marge brute plus faible que le blé ou le colza mais sur la rotation, on s’y retrouve.

Il y a deux ans, Laurent Poinsignon a introduit une nouvelle légumineuse dans son assolement : le soja.

Le soja est une culture qui a besoin de beaucoup de chaleur, plus que le maïs. Sur nos zones, il faut s’interdire de le semer avant le 1er mai. Le soja se sème idéalement la 1re décade de mai, indique Frédéric Arnaud.

L’itinéraire technique du soja présente peu de difficultés. Le facteur le plus important reste le choix variétal. Il faut choisir des variétés précoces dites triple zéro et privilégier les variétés avec une hauteur d’insertion de la première gousse élevée, pour limiter les pertes à la récolte.

Profiter des couverts

Après s’être intéressées au semis de couverts sitôt la moisson, les chambres d’agriculture de Lorraine étudient aujourd’hui le semis de légumineuses sous couvert d’une culture. La pratique est inspirée de l’agriculture bio : les prairies temporaires sont souvent semées dans la culture en place. La technique a l’avantage de lisser la charge de travail : l’agriculteur n’a plus à semer le couvert juste après la moisson, à une période déjà chargée.

Le trèfle blanc nain se prête plus particulièrement à la pratique : la plante reste à quelques centimètres du sol, elle se développe très lentement, il n’y a donc aucun risque de concurrence, et son prix est abordable. Sur l’exploitation de Laurent Poinsignon, un essai de trèfle semé en mars dans le blé au stade épi 1 cm a été mis en place.

Une fois la moisson faite, le trèfle a accès à la lumière, il se développe fortement. On peut atteindre 3 à 4 tMS/ha, indique Frédéric Arnaud.

 

 

 

 

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