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Sol de sables alluvionnaires

De bons rendements grâce au non-labour

Publié le 23/05/2016 - 17:21

« Un pot de fleur » : c’est ainsi que Loïc Patoureau (Fercé-sur-Sarthe - Sarthe) qualifie la réserve utile d’une partie de ses terres, des sables alluvionnaires truffés de pierres de silex. Des sols squelettiques guère capables de détenir plus de 50 à 70 mm d’eau. Sur cet îlot d’une trentaine d’hectares, la monoculture de maïs irrigué régnait jusqu’à récemment. Suite au plan de drainage réalisé en 2003, ces terres ont été les dernières converties au non-labour, introduit sur l’exploitation à partir de 1996. Désormais, l’agriculteur conduit sur cet îlot une rotation maïs / blé / couvert végétal :

La première année, en 2013, j’ai fait 75 q/ha en blé, puis 96 q/ha en 2014 et 85 q/ha en 2015. Tout ça avec 2-3 tours d’eau. Certains ne me croient pas ! En maïs grain, j’ai obtenu 117 q/ha en 2015 et 104 q/ha l’année précédente, avec 6 à 10 tours d’eau.

L’obligation du couvert végétal en zone vulnérable semble une contrainte, mais en fait c’est un atout, surtout depuis que les légumineuses sont autorisées, affirme Loïc Patoureau. Elles amènent 30 à 40 unités d’azote : cela permet un gain de 10 q/ha en blé. © N. Tiers/Pixel image

Le couvert végétal est ici une obligation en raison du classement en zone vulnérable. Il est toujours implanté en août.

Cela semble une contrainte, mais en fait c’est un atout, surtout depuis que les légumineuses sont autorisées. Elles amènent 30 à 40 unités d’azote en plus, sachant que nous sommes plafonnés à un apport de 210 unités/ha. Cela permet un gain de 10 q/ha en blé.

Colza et féverole associés

Les sols squelettiques de Loïc Patoureau ont retrouvé de la vie : en les creusant, on y trouve partout des galeries de vers de terre, et ça aussi c’était inespéré. Et puis surtout, Loïc Patoureau ne connaît plus de phénomènes de battance, d’érosion ou d’ornières, sur ses terres irriguées de même d’ailleurs que sur le reste de ses terres, plus profondes et argileuses.

Sur ces autres terres non irriguées, la rotation est blé / colza / blé / maïs ou 2e blé.

J’ai fait du pois de printemps pendant 20 ans avec des rendements honorables de 50-60 q/ha, explique l’agriculteur. Mais cela reste une culture à risque ; j’ai donc réintroduit le colza à la place, en association… avec une féverole. La féverole apporte de la biomasse pour le sol ; elle améliore la structure du sol grâce à son système racinaire dont les nodosités captent l’azote atmosphérique ; et enfin, elle permet de dévier un peu les insectes et les limaces du colza. Elle est bénéfique pour le rendement du colza, avec un gain de 5-6 q/ha, et je pense qu’elle est bénéfique aussi au blé qui va suivre.

 

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Retrouvez l’intégralité du reportage dans le numéro de mai de Cultivar avec les conseils du producteur, et davantage d’explications sur ses techniques de production.

Commentaires

Il faut comparer ce qui est comparable...On peut faire des retournements légers (< à 15 cm), implanter des couverts, interdire la vente des pailles mais systématiquement la retourner au sol...Un labour superficielle a un effet prophylactique ou de décompactions parfois sanitaire et salutaire... Notre presse agricole est souvent porteuse de formule miracle... Apprenons à relativiser et à recentrer le balancier...L'agronomie à long terme est plus compliquée et arrêtons ces effets "flash"...

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