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Pois

Aphanomyces, pensez au test !

Publié le 20/03/2015 - 11:20

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La gestion du risque Aphanomyces euteiches, responsable de la pourriture racinaire en cultures de pois est basée sur le test du même nom, évaluant le potentiel infectieux (PI) du sol.

Anne Moussart du Cetiom rappelle :

Celui-ci peut être réalisé à tout moment de l’année, et permet de modifier son assolement si besoin, car la nuisibilité (jusqu’à 100% de nuisibilité en pois de printemps) est directement liée au PI du sol et aux conditions climatiques de l’année.

  • Lorsque le PI de la parcelle est faible, c’est-à-dire inférieur à 1, la culture du pois d’hiver comme de printemps est possible.
  • Lorsqu’il est supérieur à 1, l’implantation d’un pois de printemps est fortement déconseillée. En revanche, il est toujours possible de faire un pois d’hiver, si le PI est inférieur à 2,5, car le pois d’hiver échappe en partie à la maladie. Le pois est sensible à la maladie seulement à un stade jeune ce qui correspond aux mois de janvier à mars dans le développement du pois d’hiver, période ou les conditions climatiques ne sont pas favorables au développement de la maladie. Cela explique la nuisibilité faible à nulle d’Aphanomyces en pois d’hiver. Alors que pour le pois de printemps, le stade jeune et les conditions climatiques favorables à Aphanomyces (pluviométrie et température>15°C) coïncident, dans la période d’avril à juin.

Le suivi du PI est particulièrement important pour ne pas se retrouver dans une impasse. Le PI diminue au cours du temps : une parcelle infestée n’est pas condamnée… mais :

Dans nos essais, nous suivons l’évolution du PI dans des parcelles agriculteurs depuis 2010, avec un test de PI du sol tous les 6 mois. Cela permet de mettre en évidence qu’il faut impérativement éviter de laisser monter le PI, car plus il est haut plus il met du temps à baisser et plus il faut de temps pour retrouver une parcelle cultivable en pois.

  • Pour une parcelle avec un PI <2, le pathogène n’est plus détecté au bout de 6 à 8 mois.
  • Pour une parcelle avec un 2<PI<4, un PI<2 est atteint au bout de 3 ans…
  • Pour une parcelle avec un PI>4… aucune diminution du PI n’est notée au bout de 3 ans pour la majorité des parcelles ! Il faut donc éviter de se retrouver dans une telle situation.

Pour gérer le risque Aphanomyces, plusieurs facteurs sont à prendre en compte à commencer par la sensibilité, très variable d’une espèce à l’autre, des différentes légumineuses intégrées dans la rotation.

Ainsi soja, féverole, lupin, pois chiche, ou fénugrec ne sont pas sensibles à Aphanomyces. En revanche, c’est le cas de la gesse et des lentilles. À prendre en compte ! Pour la vesce commune, il existe des variétés résistantes, et des variétés sensibles, attention au choix effectué. Le risque de multiplication du pathogène est moins élevé en culture intermédiaire (durée du cycle, conditions climatiques), mais par précaution, il est préférable d’appliquer les mêmes règles qu’en culture principale.

Le fait de diminuer la densité de semis, ne diminue pas la nuisibilité d’Aphanomyces, mais diminue la progression de l’inoculum (car moins de plantes).

Concernant l’effet éventuel du travail du sol, nous n’avons pas beaucoup de recul. Nous avons remarqué que les parcelles en non labour depuis plus de 10-15 ans présentaient des niveaux d’infestations plus faibles, que les parcelles en labour, mais nous n’en savons pas plus.

Autre piste de travail, celles des plantes allélopathiques :

Nous avons testé les effets allélopathiques des brassicacées sur Aphanomyces. Les résultats obtenus sont aléatoires. Ce que l’on a constaté en revanche dans notre réseau de parcelles agriculteurs suivies, c’est qu’il y avait plus d’Aphanomyces lorsque la rotation pratiquée comportait de la betterave ou des pommes de terre.

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