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Agroforesterie au Québec : Un intérêt contre les pucerons et les thrips

Publié le 04/04/2019 - 18:53

Au Québec, depuis quinze ans, un réseau de 33 km de haies brise-vent riveraines (HBVR) composées de feuillus et résineux a été aménagé dans des parcelles de grandes cultures. En 2013, puis en 2018, un dispositif, à base de pièges collants, pièges émergents et pièges fosses, a permis d’échantillonner les insectes ravageurs des grandes cultures et les ennemis naturels (prédateurs). En 2018, les arthropodes, dont les thrips, sont plus abondants dans les parcelles sans haie brise-vent. Il en est de même pour les pucerons. Le rapport indique toutefois  : 

Il n’y a aucune différence de façon globale entre les sites avec ou sans haie brise-vent pour les autres ravageurs ou les prédateurs

Les prédateurs sont néanmoins plus abondants dans les pièges collants. Les pièges fosses ont capturé de nombreux carabes, plus abondants dans la parcelle témoin herbacée que dans les parcelles ayant un brise-vent.

Le prélèvement des insectes ravageurs et des prédateurs naturels a été réalisé dans cinq sites différents. Crédit photo : Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi.
En vert, la haie brise-vent, en jaune la zone de prélèvement au champ et en rouge la zone de prélèvement au niveau de la haie. Site A : frêne d’Amérique, mélèze hybride, épinette blanche et chêne rouge ; site B : frêne d’Amérique, mélèze hybride, épinette blanche et chêne rouge à gros fruits.  

L’effet année

Ces résultats confirment ceux de 2013 bien que l’effet année joue un rôle. Avec les conditions plus chaudes de 2018, le cycle des insectes a été plus rapide. Mais, aucun comptage de thrips, par exemple, n’était réalisé dans la culture de soja pour déterminer si le seuil d’intervention était dépassé afin d’effectuer un traitement insecticide. L’effet de la haie brise-vent sur les ennemis naturels est assez faible dans cette étude. Les prédateurs sont plus nombreux à 30m de la haie dans les pièges collants et les parasitoïdes également (une seule date d‘observation à 60m de la haie). Le rapport conclut :

Ces résultats ne nous permettent pas de valider que la haie est un site d’hibernation en début de saison pour les prédateurs ou parasitoïdes, puisque leur abondance n’était pas plus grande la première date. 

Des connaissances à approfondir

L’évaluation de la progression des parasitoïdes, de la haie vers le centre du champ, et une observation directe sur les cultures de soja ou de maïs permettraient aussi de confirmer si le biocontrôle est plus efficace dans les champs bordés d’une haie brise-vent que les champs à bordure herbacée. Quant aux thrips, rarement observés dans les parcelles de soja au Québec, ils peuvent devenir problématiques avec le changement climatique. La plantation de haie brise-vent pourrait être une solution. Et pour les pucerons, le réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) a effectué des simulations de gain de rendement avec l’emploi d’un insecticide sur des observations effectuées de 2005 à 2014. Même lorsque le seuil d’intervention pour les pucerons est dépassé (250 pucerons/plante), le gain est variable. Selon deux exemples, il varie de 2,78 % à 7,60 % avec une perte estimée à 29,14 euros/ha dans le premier cas et un gain de 49,45 euros/ha dans le second cas.

 

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