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13es Rencontres Comifer-Gemas

Activateurs biologiques des sols : un surcoût peu rentable

Publié le 10/11/2017 - 11:23

Christine Le Souder d’Arvalis-Institut du Végétal et François Servain du LDAR.

Avec plus de 400 personnes réunies, les 13es Rencontres Comifer-Gemas, organisées à la Cité des Congrès de Nantes les 8 et 9 novembre, ont été un succès, ont conclu hier les co-présidents Christine Le Souder d’Arvalis-Institut du Végétal et François Servain du LDAR. Parmi les actualités de l’organisation : la sortie du nouveau Guide de la fertilisation raisonnée, ainsi que la mise en place d’un nouveau groupe de travail au sein du Comifer sur la thématique « fertilité et activité biologique des sols », animé par Matthieu Valé, responsable technique du pôle agriculture chez Aurea.

Parmi les 22 présentations orales, une belle place était faite à la thématique du recyclage, notamment pour valoriser les digestats de méthanisation et effluents agro-industriels. Du côté des systèmes de culture, les interventions ont porté sur l’intérêt des couverts permanents ou en interculture en blé, colza et maïs pour la fertilisation azotée. Les OAD sur le pilotage de l’azote ont aussi été évoqués dans plusieurs présentations.

 

Les activateurs de la vie biologique des sols : des gains de rendements oui mais…

Le prix du meilleur poster, parmi la quarantaine présentée, a été remis à Grégory Vericel et Baptiste Soenen d’Arvalis, sur les premiers résultats d’essais au champ d’activateurs de la vie biologiques des sols. Un réseau d’essais pluriannuels a été mis en place entre 1999 et 2017, en partenariat avec la FDCETA17, le GRCETA SFA et les chambres d’agriculture 12, 51, 81 et 85, visant à évaluer l’effet des produits de stimulation de l’activité biologique des sols (PRP Sol, Activ Tonic, Bactériosol, produit Xurian Environnement) sur une meilleure absorption des nutriments (NPK) et sur le rendement des cultures, puis sur le fonctionnement microbiologique des sols.

Résultats : certains activateurs peuvent permettre des gains de rendements significatifs (de 0,7 à 4,5%) lorsqu’ils sont utilisés en complément d’une fertilisation NPK optimale (Activ Tonic et Bactériosol qui permettent d’obtenir les gains de rendements les plus importants ont un effet souffre non négligeable, respectivement 9,5 et 12kg SO3/ha). En revanche, une substitution partielle de N (de 20 à 80kg N/Ha), ou totale de P et/ou K par différents activateurs s’accompagne le plus souvent d’une perte de rendement significative.

 

Aucun effet positif sur l'activité biologique

L’utilisation des activateurs de la vie du sol ne permet donc pas d’envisager une substitution, même partielle, d’une fertilisation N, P, K classique sans risque de pénaliser les rendements.

Baptiste Soenen, ingénieur services du pôle agronomie d'Arvalis-Institut du végétal.
Leur utilisation sur plusieurs années s’accompagne dans un site sur trois d’une augmentation significative de la biomasse microbienne, mais aucun effet positif sur l’activité biologique des micro-organismes du sol n’a été mis en évidence contrairement aux effets revendiqués. Les gains de rendements observés s’expliqueraient donc davantage par les quantités d’éléments feertilisants souvent non négligeable apportés par ces produits.

Enfin, dans la plupart des cas, le gain de rendement obtenu n’est pas suffisant pour compenser le surcoût lié à l’utilisation de ces activateurs, conclut le poster.

fertilisation-du-ble

Commentaires

C'est tout à fait par hasard, que j'ai pris connaissance du congre du Comifer de Nantes ou ont été présentés des résultats d'essais sur les activateurs biologiques des sols.
L'article de votre journal résume bien les exposés et les résultats présentés dans les différents posters.
Je voudrais simplement vous informer que bien avant 2009, j'ai conduit des essais à la station expérimentale de L'INRA du Pin au Haras sur 2 produits le Bactériolit et le bactérisol. Ces essais étaient financés par la société qui produisait ces activateurs. Pendant 5 années, j'ai, (nous) avons réalisés 3 essais

Je viens de prendre connaissance de votre article résumant les présentations et les résultats des expérimentations réalisées sur les activateurs biologiques des sols. Résultats présentés au Congres du COMIFER de Nantes.
Je vous informe, que bien avant 2009, à la station expérimentale de l’INRA du Pin au Haras, j’ai conduit des essais sur 2 produits : le Bactériosol et le Bactériolit. Ces expérimentations étaient financées par la société qui les fabriquait. L’efficacité du Bactériosol (300kg par ha) a été mesurée sur des praires, ou les rendements étaient estimés par des fauches en 3 ou 4 coupes au cours de l’été. Dans tous les essais des mesures précises ont été réalisées, échantillonnages et analyses de la composition chimique de l’herbe. Des bilans entre les apports d’azote au sol et les exportations par les plantes ont été calculées. Des analyses des sols étaient faites, avec teneur en azote en début et fin d’hiver.
De 2001 à 2003, 2 essais ont été conduits, avec le Bactériosol qui à l’époque contenait 6% d’azote. Le premier essai, comportait 3 traitements, T0,TB, TN+nb
Un deuxième essai conduit, toujours sur prairie mais avec un dispositif de parcelles permettant 3 répétitions par traitement et conduit 2 années. La mise en place de ce dispositif reposait sur l’hypothèse émise par la société que le Bactériosol permettait un rendement équivalent à une prairie bien fertilisée en azote minéral.
Pour en vérifier l’hypothèse, le traitement Bactériosol était comparé à 2 traitements avec 2 niveaux d’apport annuel d’azote, environ 120 et 220 kg par ha ; et bien entendu un traitement Témoin, sans aucun apport. Les résultats du traitement Bactériosol étaient légèrement supérieurs au Témoin. Mais le léger avantage provenait en grande partie de l’azote contenu dans le Bactériosol. La composition chimique de l’herbe était sensiblement identique au traitement Témoin.
Par contre les traitements avec fertilisation azotée permettaient une augmentation du rendement en relation avec le niveau d’apport d’azote, soit environ 15 à 20 kg de MS supplémentaire par kg d’azote apporté.
A la demande de la société, en 2004 et 2005 un autre essai a été conduit. L’efficacité du Bactériolit, (ne contenant pas d’azote) a été mesurée sur des parcelles ayant reçu du lisier. Le Bactériolit a été épandu sur la prairie après l’épandage du lisier en 2004. En 2005 le bactériolit avait été préalablement mélangé au lisier dans des bacs, 10 heures avant l’épandage, cette technique devait améliorer l’efficacité du Bactériolit.
Dans ce dernier essai, nous n’avons obtenu quasiment pas d’effet du bactériolit, les rendements et la composition chimique de l’herbe étaient identiques.
A la suite de ces résultats décevants, la société a arrêté les expérimentations et nous a demandé de ne pas communiquer et publier les résultats.
Dans les mêmes années un essai d’apport de Bactériolit sur la litière en accumulation de taurillons en stabulation libre avait montré un avantage, le fumier sorti de la stabulation a été composté. La encore il était difficile de séparé l’effet de l’activité biologique et la part importante de chaux et autres éléments
Aujourd’hui, nos expérimentations datent de 12 à 15 années, et n’étant moi-même plus en activité je me permet de parler de ces travaux, anciens bien sur, mais qui confirment les résultats que vous présentez.
Le seul regret que je peux avoir c’est que l’efficacité de ces produits ne semble pas ou très peu avoir été améliorée. C’était pourtant à l’époque un objectif de la société qui croyait en ses produits.

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