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Courtier de marchandises assermenté

Une profession au service de toutes les filières et de tous ses acteurs

Publié le 01/10/2015 - 17:29

Le 25 septembre 2015 marque le retour des courtiers de marchandises assermentés à la bourse de Paris. L’occasion d’évoquer une profession méconnue et pourtant indispensable par son rôle et son savoir-faire. Rencontres avec Claude Freyermuth, président du CNCMA (Conseil national des courtiers en marchandises assermentés) et Thierry Hache, secrétaire général.

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Pouvez-vous nous définir vos missions et engagements ?

Le courtier de marchandises assermenté a un double rôle, à la fois celui d’intermédiation entre un acheteur et un vendeur et celui d’auxiliaire de justice qui effectue des actes authentiques à la requête des juridictions civiles et commerciales. Nous sommes environ 180 courtiers assermentés en France répartis sur l’ensemble du territoire et exerçons sur toutes les marchandises telles que définies dans la nomenclature des douanes avec, précisons-le, des gros contingents en vin et en grains. Nos principaux interlocuteurs sont les industriels de 1re transformation, les coopératives, négoces mais aussi les agriculteurs. Nous avons des capacités d’intervention et sommes au service de tous les acteurs des filières.

La tendance est plutôt à limiter les intermédiaires, est-ce une menace pour votre profession ?

Au contraire, les marchés se compliquent et sont de plus en plus volatils, donc notre métier redevient d’actualité. Car notre savoir-faire et notre connaissance sécurisent les transactions entre deux parties. La médiation directe entre un vendeur et un acheteur peut être source de litiges, tandis que nous, nous avons la compétence pour résoudre ces litiges en un temps record lorsqu’il y a défaut sur une marchandise. L’année 2014 a été un bon exemple avec de nombreux cas problématiques de défauts qualitatifs de marchandises livrées. Un négoce, grâce aux courtiers assermentés, peut proposer des contrats sécurisés aux agriculteurs. Pour la filière viticole, la profession des courtiers est réglementée, en revanche, elle ne l’est pas en grains, comprenez que n’importe qui du jour au lendemain peut s’improviser courtier et s’inscrire au Registre du commerce et des sociétés. Mais nous, CMA, défendons notre assermentation comme une garantie car elle est sanctionnée d’un examen avec l’obligation de connaître la réglementation et d’avoir une expertise produit. Et seuls les CMA ont la capacité en cas de litige d’établir une attestation de prix ou un certificat de cours. Autrement dit, confiez vos affaires à des spécialistes. De plus on prête serment d’exercer la fonction avec honneur et probité et on peut être sanctionné en cas de non-respect de nos engagements par nos autorités de tutelle.

Quelle est précisément la différence entre un courtier et un négociant ?

La différence est de taille. Le négociant (ou trader en anglais) est propriétaire de la marchandise, il achète et revend dans un temps décalé la marchandise. Tout l’enjeu pour lui consiste à faire prendre de la valeur à sa marchandise.

Un courtier (ou broker en anglais) est un intermédiaire de commerce, il n’est jamais propriétaire de la marchandise, il établit le contrat d’achat et de vente entre les parties. Ce qui signifie que le courtier ne fait pas de spéculation, l’achat et la vente se font simultanément. Nous ne sommes liés à aucune partie. Aussi, cela nous confère la légitimité de donner à l’instant T, la valeur réelle d’une marchandise. Ce qui distingue la cotation de la mercuriale.

Revenons justement sur les cotations ?

La mercuriale est une constatation de cours moyen sur une période donnée, généralement disponible dans la presse généraliste ou spécialisée. Mais ce sont des cotations non officielles, et pas nécessairement transparentes puisqu’à un moment donné, un opérateur de marchés peut orienter à la hausse ou à la baisse le marché par rapport aux cotations qu’ils produisent. Nous militons pour que les cotations soient labélisées « CNCMA ». La cotation des CMA diffusée par notre partenaire Thomson Reuters sera la seule cotation officiellement reconnue. Les autres cotations n’ont aucun caractère officiel.

Le décret du 30 janvier 2012 a permis d’établir les nouvelles règles et obligations de la fonction et d’instituer le Conseil national des courtiers de marchandises assermentés (CNCMA) ayant pour but l’organisation pratique de la profession. Cette représentation nationale nous donne les moyens de nous faire connaître et de rappeler nos fondamentaux. Dans un contexte de marchés de plus en plus complexes et volatils, notre savoir-faire et les services rendus sont un vrai gage de sécurité.

Quel signe voir dans votre retour à la bourse ?

Dans un environnement de plus en plus complexe, le rôle des courtiers assermentés est de plus en plus important. Être partenaire d’Agro Paris Bourse dénote notre volonté de travailler pour la filière. Notre présence donne aussi à notre profession une visibilité et une reconnaissance que certains acteurs de la filière avaient tendance à minimiser. Dans les années à venir, la contractualisation, certifiée par un courtier deviendra la règle.

 

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