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Un nouveau contrat à terme pour le blé européen

Publié le 13/09/2016 - 11:40

Depuis le 12 septembre, un nouveau contrat à terme cote pour le blé européen à la bourse de Chicago. Il est proposé par l'opérateur américain CME Group, qui avait déjà tenté l'expérience, en vain, sur le blé de la mer Noire. C’est la première fois qu’un contrat américain est lancé en Europe.

Un nouveau contrat à terme pour le blé européen. © Kurt Kleemann/Fotolia

Début juillet, l'opérateur américain a détaillé ses applications, la première échéance cotée sera celle de décembre 2016.

« Nous laissons ainsi le temps aux sociétés avec qui nous travaillons d’être prêtes, car la mise en place de nouveaux contrats demande du temps. La première des huit échéances sera celle de décembre. Quatre échéances sur deux ans sont pour l’instant prévues : septembre, décembre, mars et mai. Nous envisagerons peut-être par la suite d’en rajouter », soulignait Éric Hasham, directeur agricultural commodities & alternative investments, au début de l'été. 

Ce contrat, destiné au marché interne, est sous réglementation américaine afin d’être proposé avec les produits de Chicago. Il sera néanmoins coté en euros/tonne. Ce contrat se distingue de celui proposé par Euronext par les différents protocoles de livraison, censés fournir plus de souplesse aux différentes parties, précise le responsable. En effet, CME Group annonce être soutenu par Scael, Soufflet, Noriap, Axéréal, Vivescia au travers de mises à disposition de silos.

« Nous considérons qu’il ne faut pas refuser les nouveautés, justifie Stéphane Willefert, adjoint à la commercialisation chez Noriap. Contrat CME ou Euronext, nous travaillerons avec le plus proche de nos besoins et celui que nos clients demanderont. Le mode de livraison à terme est un peu différent entre les deux contrats, et la qualité du CME est un peu plus basse que l’Euronext. »

Pour Sébastien Poncelet du cabinet Agritel, ces protocoles de livraison pourraient en effet permettre une meilleure convergence avec le marché physique.

 

30€ par an pour stocker son blé

Pour le moment, CME Group a agréé douze silos, et quatre sont en passe de le devenir. Ils disposent d’une capacité de chargement d’au moins 500 tonnes par jour pour les camions et entre 1000 et 2000 tonnes par jour pour les péniches. En dehors de Rouen, chaque silo a un différentiel qui indique le coût de transport.

« Tous les jours, les silos devront nous indiquer les mouvements de stocks de blé, ainsi qu’en fin de semaine. Les chiffres seront publiés afin de voir les mouvements à travers l’ensemble des silos. Des informations utiles pour le marché, surtout lors du dernier jour de trading. Nous diffuserons également les données sur les certificats, tenus, vendus, annulés et livrés. Les gens apprécient d’avoir des données qui peuvent les aider autour de la livraison », détaille Éric Hasham.

Avec ces certificats, il est possible de conserver le blé avec un coût administratif pour le stockage au silo : 0,065€/tonne par jour entre septembre et juin, et 0,13€ entre juin et septembre, soit 30€ par an. Il est également possible de remettre le certificat sur le marché à terme.

« Dans la limite de trois ans, c’est au détenteur du certificat de gérer son business physique », confie Éric Hasham.

Deux contrats distincts

Sur ce nouveau contrat américain, les qualités livrables ont un poids spécifique minimum de 74 kg/hl, une teneur minimum de 10,5% base matière sèche, un indice de chute de Hagberg minimum de 170 secondes, une teneur en humidité de 15%, une base de 4% de grains brisés et 2% de grains germés, et une teneur en impuretés de 2%.

Pour rappel, Euronext a décidé d’augmenter ses critères qualitatifs pour la récolte 2017, aussi les contrats CME et Euronext se distingueront sur ces critères. Pour Sébastien Poncelet, ces différentiels pourraient contribuer à satisfaire plus d’opérateurs et à apporter de la liquidité.

Pour rappel, l’Europe produit 160 millions de tonnes et jusqu’alors, un seul marché à terme était disponible : le contrat Euronext. Aux États-Unis, il existe trois contrats différents pour 60 millions de tonnes produites, donc il y a a priori de la place pour deux contrats. Il faudra apprécier l’intérêt des deux contrats avec le temps.

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