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Exportations/céréales

S’adapter au calendrier d’achats de nos clients

Publié le 22/03/2016 - 10:46

Nous évoquions la semaine dernière, à l’issue de la réunion annuelle d’information de France Export Céréales, la difficulté qu’ont les opérateurs français à être présents et compétitifs tout au long de la campagne de commercialisation du 1er juillet au 30 juin. Une difficulté d’autant plus éprouvante cette année compte tenu du disponible exportable record de cette année.

Parmi les pistes de réflexion exposées par France Export Céréales, la nécessité d’être en capacité de s’adapter au calendrier d’achats des clients stratégiques.

En fonction des pays, différents paramètres conditionnent les stratégies à l’achat, il est donc important d’en connaître les ressorts pour pouvoir saisir toutes les opportunités, précise Yann Lebeau, responsable du bureau de France Export Céréales à Cassablanca (Maroc).

Exportations/céréales : s'adapter au calendrier d'achats de nos clients. © S. Seysen/Pixel image

Tunisie, Algérie, achats réguliers 

Si l’on s’intéresse au cas de la Tunisie qui importe 1 à 2 millions de tonnes de blé par an, Yann Lebeau précise qu’en l’absence de production locale, l’office tunisien des céréales (acteur public) a une stratégie d’approvisionnement extrêmement régulière tout au long de l’année. « En Tunisie, c’est l’État qui intervient sur le marché, les achats sont linéaires et réguliers, seuls les volumes évoluent en fonction des prix de marché et des besoins. Sauf grande surprise, c’est un client très régulier dans ses appels d’offres de juin à mai, avec un rythme d’appel d’offres d’environ tous les 1,5 mois. »

L’Algérie est aussi synonyme d’achats réguliers tout au long de l’année, expose Roland Guiragossian, responsable du bureau de France Export Céréales au Caire.

Le pays s’est tourné vers la production de blé dur plutôt que celle du blé tendre, il importe donc la quasi-totalité de ses besoins en blé tendre, environ 7 millions de tonnes par an. En termes de répartition, ce sont environ 600000 tonnes mensuelles qui sont livrées tout au long de l’année, avec des appels d’offres tout aussi réguliers, exception faite du mois d’août en général.

Le cas de l’Afrique Sub-Saharienne est sensiblement identique. D’après FranceAgriMer, cette région du globe importe 15 à 20 millions de tonnes de blé. « Sur cette région, il n’y a aucune production de blé locale, les industriels privés achètent en fonction de leurs besoins en qualité et des besoins de consommation des industries. Par ailleurs, il n’y a pas de stockage disponible et on ne stocke pas inutilement, ce qui implique des achats très réguliers, tout au long de la campagne. Il faut juste souligner une saisonnalité relative des importations car le blé rentre parfois en concurrence avec d’autres productions locales, mil, manioc… », détaille Yann Lebeau.

Maroc, les importations suivent un rythme aléatoire

Il y a une vraie production de blé tendre au Maroc. © Bastienc37Fotolia

Le cas du Maroc est quant à lui plus singulier. « Contrairement aux précédents pays, il y a une vraie production de blé tendre au Maroc, elle a un impact direct sur le calendrier des achats. L’État intervient et régule les marchés (par des taxes dissuasives) en début de campagne pour écouler prioritairement la production locale. Du 1er juin au 31 juillet, il y a blocage des importations. Blocage qui se prolonge jusqu’au 31 août dans le cas de production intérieure abondante. Par ailleurs aucun appel d’offres n’est lancé après le 30 avril pour permettre des déchargements au plus tard le 30 mai. Ainsi aucun bateau ne sera déchargé au moment du début de la récolte marocaine, justifie Yann Lebeau. Les achats se font de façon intensive en mars et avril, car les industriels marocains préparent leurs stocks et anticipent le blocage des importations jusqu’à la prochaine ouverture. Pour la campagne en cours, la récolte marocaine devrait être en forte baisse à cause de la sécheresse, dès le 1er août, le pays devrait être aux achats ».

Enfin, intéressons-nous au cas de l’Égypte, plus gros importateur mondial de blé. « 50% des achats du Gasc égyptien sont réalisés durant le 1er trimestre de la campagne (juillet à septembre), un pourcentage qui passe à 75 à la fin du premier semestre, fin décembre. Or, l’offre française est très souvent absente en début de campagne, elle ne devient traditionnellement intéressante qu’à partir des mois d’octobre et novembre. C’est évidemment un point sur lequel il faut travailler et s’améliorer », insiste Roland Guiragossian.

Quant à la question de savoir si la France était condamnée à ne travailler qu’avec le Gasc égyptien, alors que le secteur privé représente en Égypte des volumes d’achats conséquents, la réponse est sans équivoque : « Il faut créer des liens avec les acheteurs privés et s’adapter à leur exigence, 12% de protéines et baisser nos taux d’humidité, c’est indispensable et il faut s’attaquer à ce marché », conclut Roland Guiragossian.

 

 

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