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Big data

Quand les fermiers américains exigent « le droit à réparer »

Publié le 26/09/2017 - 08:54

Quand les fermiers américains exigent « le droit à réparer ». © Wolwerth Imagery/Fotolia

On a vu pour vous cette semaine, un documentaire, diffusé sur la chaîne Canal + dans l’émission l’Effet Papillon sur les « agro hackers », ou la révolte des agriculteurs contre l’hyperconnexion.

Les faits. Aux USA, lorsque l’agriculteur achète un matériel agricole, il signe un contrat avec le constructeur qui l'engage à passer obligatoirement par le concessionnaire. Si vous tombez en panne en pleine moisson, vous n’avez pas d’autres choix que de faire appel aux services des experts. L’ensemble des systèmes électroniques liés à la machine est complètement verrouillé. Les concessionnaires ont des licences exclusives avec les grandes marques qui leur accordent le monopole de la maintenance.

Mais les agriculteurs se révoltent contre le monopole des fournisseurs. Pour preuve, Clive, qui exploite 800 ha dans l’État du Nebraska, explique comment il détourne le système. Il a investi dans un logiciel pirate, en provenance d’Europe de l’Est, qui lui permet de déverrouiller le système et de diagnostiquer la panne. L’agriculteur peut alors intervenir. Dans la réalité, c’est illégal et il s’expose à de lourdes sanctions financières. Et Clive, malgré son logiciel pirate, déplore aussi le fait que l’ensemble des capteurs de sa machine qui enregistrent des milliers de données (de récolte notamment) soient la propriété exclusive du fabricant. Il estime donc qu’on lui « vole » son savoir-faire, susceptible d’être revendu à ses collègues agriculteurs et néanmoins concurrents (mentalité américaine oblige), sans qu’il ait la moindre compensation

« The right to repair »

Un collectif d’agriculteurs s’est organisé autour d’un mouvement « the right to repair » pour mener le combat législatif. Et l’État du Nebraska pourrait faire adopter prochainement une loi sur « le droit du consommateur à réparer lui-même » malgré les lobbys puissants de l’agrofourniture et même des géants du numérique. Pas moins de 11 États pourraient aussi rejoindre le mouvement dans les mois à venir et voter des textes similaires.

Au pays de l’oncle Sam, les fermiers n’ont pas peur de s’attaquer de front au big data, quitte à passer pour des pirates !

Voir l'émission du 24 septembre 2017 (26e minute)

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