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Plathelminthes invasifs terrestres

Nos vers de terre sont en danger

Publié le 13/02/2015 - 11:29

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Et si nos vers de terres avaient rencontré leur pire ennemi? Les plathelminthes invasifs terrestres ont été signalés en 2013 en France, et menacent aujourd’hui nos populations de lombrics. Jean-Lou Justine, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, est le spécialiste français de ce parasite, dont plusieurs espèces invasives ont été détectées sur l’hexagone.

Les plathelminthes terrestres, aussi appelés vers plats, se nourrissent d’animaux variés de la faune du sol. Si les espèces européennes sont discrètes, celles originaires de l’hémisphère Sud signalées depuis 2013 en France semblent beaucoup plus dangereuses pour nos écosystèmes. Sans prédateurs, ces espèces se multiplient rapidement en se nourrissent de vers de terres et cloportes en rapport avec leur taille, qui peut aller jusqu’à 40 cm

Importées par les pots de fleurs

Ces espèces invasives ont été importées par transport de plantes en pots (sous forme adulte ou de cocon de ponte quasiment indétectable), et se retrouvent ainsi en jardineries et pépinières, puis dans les jardins et potagers des particuliers. En Grande-Bretagne où des espèces de plathelminthes invasifs ont été détectées il y a 30 ans, certaines zones infestées ont vu leur population de vers de terre diminuer de 20%. Si les plantes ne sont pas ciblées directement, la présence des plathelminthes peut être préjudiciable pour les cultures, comme pour la vente de fraises ou de pommes recouvertes de vers plats.

Sept espèces de plathelminthes ont été identifiées en France, grâce aux photos de particuliers et de jardineries et pépinières, récoltées par Jean-Lou Justine.

L’espèce dite "marron plate", la plus dangereuse pour nos vers de terre, a été retrouvée sur 45 départements en avril 2014, principalement sur la façade atlantique. Les plathelminthes recherchent les milieux humides, d’où leur identification forte dans l’Ouest, où les périodes de sécheresse sont plus limitées.

Absence en grandes cultures

Les grandes cultures semblent pour l’instant épargnées, d’après le chercheur, avec aucune détection de plathelminthe invasif en parcelle cultivée.

Le prédateur avance de quelques dizaines de mètres par an, ce qui limite sa propagation naturelle, même si une diffusion par l’homme ou le matériel agricole est possible.

Envoyez vos photos

Il est donc important d’ouvrir l’œil, d’autant plus qu’aucun produit phytosanitaire n’a pour l’instant été trouvé. Si vous voyez un vers plat, vérifiez sur le site http///bi.ly/Plathelminthes qu’il s’agit bien d’un plathelminthe invasif terrestre, puis envoyez votre photo prise de près à Jean-Lou Justine par email: justine@mnhn.fr. Pensez à placer un objet pour montrer les dimensions (pièce de monnaie, mètre ruban, etc.) et indiquez votre nom et prénom, votre commune et département, le nombre de plathelminthes trouvés, où et comment. Indiquez également si vous autorisez l’utilisation de vos photos et informations par la suite.

Un compte twitter est aussi dédié à l’envahisseur : @Plathelminthe4 

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