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Biodiversité

Manger trop de maïs peut rendre fou !

Publié le 20/03/2017 - 17:52

Manger trop de maïs peut rendre fou ! © Subbotina Anna et ALF photo/Fotolia

Si vous voulez que votre hamster fasse de vieux os, diversifiez son alimentation ! Évitez les pop-corn et corn-flakes à haute dose, et donnez-lui du blé, des protéines végétales et animales (insectes)… Ce ne sont pas les recommandations d’un nutritionniste mais celles d’une étude scientifique publiée dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

En effet, une équipe de chercheurs strasbourgeoise a étudié le régime alimentaire du grand hamster d’Alsace. Cette espèce, qui comme son nom l’indique est endémique de la région alsacienne, est menacée d’extinction et protégée en France depuis 1993. Jusqu’à présent, comme le relate un article du Monde daté du 27 janvier 2017, seules les conséquences de l’agriculture étaient envisagées comme explication à sa disparition « la culture du maïs - intensive dans cette région NDLR - n’offre pas de couvert pour les rongeurs entre avril et mai, de sorte qu’ils sont vulnérables à la prédation ».

Mais en poussant les investigations, les chercheurs ont soumis des rescapés femelles à des régimes alimentaires différents. L’un à base uniquement de maïs et de vers de terre, l’autre à base de blé et de vers de terre. Dans le premier cas, il a été observé que les femelles commettaient l’impensable, l’infanticide et se régalaient de leurs progénitures. Tandis que les femelles soumises au régime blé + vers de terre avaient des comportements tout à fait normaux.

Et comme les scientifiques sont des gens très sérieux, et la littérature scientifique abondante, ils ont retrouvé des archives évoquant la maladie de la pellagre chez l’homme. Une maladie induite par une carence en vitamine B3, liée à la surconsommation du maïs. Cette maladie affecte le système nerveux central et provoque, outre des troubles tels que des diarrhées et des dermatites, la démence. Aux USA, en 1920 pas moins de 100000 cas ont été recensés avec des taux d’homicide supérieurs à la normale dans les régions concernées.

Cette étude très sérieuse a donc conduit les chercheurs, la chambre d’agriculture d’Alsace, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, à travailler sur des associations de culture plus favorables au régime alimentaire du « petit rongeur ». Ce changement de régime devrait pouvoir sauver le grand hamster d’Alsace.

 

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