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Malherbologie

Maintenir une diversité d’adventices pour minimiser les pertes de rendements

Publié le 19/11/2019 - 16:07

Photo : Séverine Favre/Pixel6TM

Voilà une étude de nature à susciter notre curiosité : une équipe italienne de recherche associée à l’Inra a mis en évidence qu’une forte diversité de mauvaises herbes minimise les pertes de rendements au champ. Cette étude a été publiée dans la revue Nature Sustainability.

L’absence d’adventices dans sa parcelle fait souvent la joie des producteurs qui les voient comme des compétiteurs des cultures pénalisant le rendement. Mais pour d’autres, cette absence est perçue comme une perte de biodiversité car elles participent aux différentes chaînes trophiques. Mais des scientifiques de l’Inra de Dijon et des chercheurs de la Scuola Superiore Sant’Anna de Pise en Italie pourraient, avec leurs travaux, réconcilier les deux camps. Les chercheurs ont quantifié l’effet des communautés adventices présentes dans les parcelles agricoles de céréales d’hiver à travers 54 zones (36 non-désherbées et 18 désherbées) pendant trois années.

Premier enseignement : toutes les communautés de mauvaises herbes ne sont pas de nature à pénaliser le rendement. Ainsi, les scientifiques ont établi que parmi les six communautés identifiées, quatre étaient de nature, en l’absence de désherbage, à affecter le rendement (nombre d’épis par pieds et nombre de grains par épi), dans une fourchette comprise entre 19 % et 56 %. D’où l’intérêt de bien qualifier ces communautés a priori.

Deuxième enseignement : la notion d’"équitabilité". Quesako ? Le communiqué de presse de l’Inra donne l’explication suivante "Une communauté équitable indique que chaque membre est présent en nombre ou poids (biomasse) équivalent, équitable, identique. À l’inverse, une communauté déséquilibrée contient une ou plusieurs espèces qui dominent, qui sont en nombre, ou un poids plus important que les autres."

Lors de cette étude, la diversité des adventices a été caractérisée et la biomasse de chaque espèce mesurée. Il ressort de cette étude que l’équitabilité est maximale quand la biomasse des adventices est équitablement répartie entre les espèces. Ainsi, les résultats montrent que quand l’équitabilité des adventices est élevée, la biomasse des adventices est faible et donc la compétition avec la culture est plus réduite, les pertes de rendement sont moindres car les espèces produisent moins de biomasse. Ce qu’il faut comprendre de cette étude, c’est que les rendements sont susceptibles d’être affectés par une forte compétitivité d’une adventice. À l’inverse une bonne équitabilité (donc une diversité plus grande d’espèces) permet de limiter la dominance de l’une ou de l’autre. Le communiqué indique que ces résultats devront être généralisés d’autres situations de production…

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