Imprimer
Commentaires
Bertrand Mazel, Union des producteurs riziculteurs européens

« L’export ? Il faut savoir être ambitieux ! »

Publié le 20/09/2016 - 15:28

Bertrand Mazel, président du Syndicat des riziculteurs de France, vient d’être élu à la présidence de l’Union des producteurs riziculteurs européens. Il entend notamment sauvegarder le riz en Europe et limiter les importations croissantes des pays émergents.

Bertrand Mazel (à droite), nouveau président de l’Union des producteurs riziculteurs européens. Photo : DR

Le 10 septembre dernier, Bertrand Mazel, président du Syndicat des riziculteurs de France et filière accueillait ses homologues européens en terre camarguaise. À cette occasion, ce producteur de riz a été élu à la présidence de l’Union des producteurs riziculteurs européens qui regroupe l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et la France. Pour le nouveau président, les chevaux de bataille s’annoncent nombreux.

« L’un de nos principaux axes de travail sera de limiter l’importation massive des riz en provenance des pays émergents comme le Suriname, le Cambodge ou encore le Vietnam. Pour cela, nous nous devons, dans un premier temps, de faire la promotion de nos productions européennes. Le riz reste un produit ancré dans la culture gastronomique de nos pays : le risotto en Italie, la paëlla en Espagne ou encore la gardianne de taureau dans le sud de la France. Cela peut prêter à sourire mais ça représente des volumes considérables. Il faudra aussi sûrement travailler sur le sujet de signes de qualité. »

En effet, si la production française bénéficie d’un IGP Riz de Camargue depuis le début des années 2000, nos voisins européens ne sont pas si avancés sur le sujet. Même s’il est impensable de voir toute la production espagnole ou italienne passer sous un label de qualité, c’est une piste à creuser pour promouvoir notre production sur nos territoires et au-delà de nos frontières.

La production européenne aurait-elle une carte à jouer à l’export ? C’est en tout cas ce que pense Bertrand Mazel.

« Les variétés de type japonica que nous cultivons sont tout à fait adaptées à des marchés tels que la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite ou encore le Qatar qui sont de grands consommateurs de riz. Nous avons la capacité d’être présents dans ces pays. Il faut être ambitieux ! »

L’autre sujet phare qui occupera Bertrand Mazel durant son mandat sera l’harmonisation de l’usage des phytosanitaires entre les différents pays producteurs. Il entend notamment pour cela fédérer les différents centres techniques dédiés au riz en Europe.

 

Le nouveau président souhaite enfin mettre en avant l’intérêt environnemental de la production rizicole.

Prenons l’exemple de la Camargue. Si elle est connue de tous pour sa riche biodiversité, elle le doit en grande partie à la production de riz qui, en amenant de l’eau douce, lutte contre la salinité des sols. Il est donc important de souligner que la production de riz peut tout à fait cohabiter avec les espaces naturels.

 

Le soulagement du retour de l’aide couplée

Du côté de la production nationale, Bertrand Mazel se veut aujourd’hui rassuré par le retour de l’aide couplée prévue à hauteur de 2 millions d’euros, selon les services du ministère de l’Agriculture, dès 2017.

Dès la disparition de l’aide couplée, nous avons vu les surfaces françaises s’éroder très rapidement, passant de 20000 à 13000 hectares aujourd’hui. Cela a eu des conséquences importantes au niveau économique et social puisque Soufflet a supprimé la moitié des emplois dans son usine de transformation arlésienne.

Pour que la filière française retrouve son équilibre, Bertrand Mazel estime qu’il faudrait retrouver une surface de 20000 ha. S’il avoue que ce potentiel mettra du temps à être à nouveau atteint, il espère cependant une hausse des emblavements pour la prochaine campagne, notamment en raison des cours plutôt bas du blé dur qui pourraient faire préférer la culture du riz à certains producteurs.

 

 

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Produits à comparer

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Relations Culture
  • TCS
  • Viti Leaders