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Le séquençage du blé, bientôt une réalité

Publié le 17/09/2015 - 14:25

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Si le séquençage du génome du maïs, du riz, et même de l’homme est une réalité, pour le blé ce n’est pas encore le cas. Et pour cause, « le blé a un génome très complexe parce que polyploïde, avec des séquences redondantes et, il faut bien l’admettre, sa valeur marchande est bien moins intéressante pour un investisseur privé, d’où son retard », explique Grégoire-Yves Berthe, directeur du pôle de compétitivité Céréales Vallée et en charge de la communication du projet de recherche BreedWheat.

Toutefois, le consortium international IWGSC (International wheat genome sequencing consortium) s’y attelle. « Il manque encore une bonne dizaine de millions d’euros pour boucler ce programme, mais c’est une affaire de quelques années, 3 ou 4 et le génome du blé sera séquencé. C’est un programme qui fonctionne grâce à des fonds publics car les résultats doivent être libres de droit pour l’ensemble de la communauté technique et scientifique, détaille Grégoire-Yves Berthe. Les enjeux sont immenses, notamment pour l’Europe et la France », poursuit le responsable confiant sur l’avancée du projet de séquençage. En effet rappelons que la production mondiale de blé s’élève à plus de 700 millions de tonnes, et que l’Europe, avec une production d’environ 147 millions de tonnes, était en 2014/2015 en tête des exportateurs mondiaux. Mais revenons au projet BreedWheat qui se consacre à l’amélioration génétique du blé : « On est dans les temps par rapport au programme que l’on s’était fixé, nous avons même un peu d’avance », se réjouit le responsable.

La technologie avance à pas de géant

Ce projet de recherche contient différents axes de travail. Le premier axe se consacre au développement d’outils de lecture du génome. « En quelques années nous disposons d’un nombre gigantesque de marqueurs, la technologie avance vite, nous profitons du transfert de technologie en provenance de la génétique humaine », savoure Grégoire-Yves Berthe. Le deuxième volet du programme s’attelle à la caractérisation de la variabilité génétique, autrement dit l’évaluation de la biodiversité au sein des populations, l’objectif étant d’avoir des populations les plus diversifiées possibles. « L’Inra de Clermont-Ferrand dispose de l’une des plus grosses collections mondiales de germplasm. Grâce à nos outils d’analyses cette caractérisation avance aussi à grands pas », précise le responsable. Un troisième pan du programme se focalise sur le phénotypage, c’est-à-dire la mesure de la réponse des idéotypes aux stress biotiques et abiotiques « C’est une étape longue mais indispensable. Contrairement aux outils de marquage et de séquençage qui permettent de travailler à l’échelle de l’infiniment petit, l’évaluation de la réponse d’une plante à un environnement ne s’apprécie qu’en laissant pousser la plante ! Cependant, beaucoup de moyens ont été mobilisés, avec notamment la mise en place de nouvelles plateformes de phénotypage au champ », poursuit le responsable. Autre volet important de ce programme, la mise en œuvre et l’évaluation de nouvelles stratégies de sélection avec l’objectif final de l’amélioration génétique.

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Enfin, et ce n’est pas une sinécure, « la collecte, le stockage, l’analyse, la modélisation et l’intégration de l’ensemble des données collectées », résume Grégoire-Yves Berthe tout en expliquant  : « Imaginez la montagne d’information collectée, un capteur au champ envoie une information toutes les secondes… sans parler des drones, cela nécessite des moyens en bio-informatique et de modélisation considérables pour que le tout soit exploitable. C’est un travail titanesque qui est indissociable des autres volets de ce programme ». 

 

Accompagner l’innovation végétale dans le monde 

Le dernier point sur lequel Grégoire-Yves Berthe souhaite insister, au regard de sa mission de communication autour du projet BreedWheat, la diffusion de l’innovation auprès de la communauté scientifique bien sûr, mais aussi des agriculteurs utilisateurs, sélectionneurs, industriels et aussi des responsables politiques. « La communication est un workpackage à part entière du projet. Il ne faut pas refaire les mêmes erreurs qu’avec d’autres sujets, la réussite et l’acceptation de l’innovation 

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dans le monde du végétal passent par la communication et la vulgarisation, c’est toute la réussite du programme qui en dépend », conclut le responsable. Le projet de recherche BreedWheat est à mi-parcours (il court jusqu’en 2019), et force est de constater que ce projet, initié par la France, semble sur de bons rails d’autant que ce programme mobilise tous les spécialistes du blé à l’échelle du monde entier avec le souci de la production de connaissance bien sûr mais aussi et surtout du partage pour une agriculture performante et durable.

 

crédit: Céréales Vallée.

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