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Conservation de la betterave

Le chaulage pour limiter les pertes

Publié le 03/01/2018 - 11:23

L'appareil de pulvérisation de la chaux liquide est placé sur la machine à récolter. Crédit Tereos

Chez Tereos, la rentabilité économique du betteravier reste un objectif majeur. Les essais entamés depuis 13 ans sur la conservation au champ commencent à porter leurs fruits. Les résultats commencent à être appliqués dès cette campagne 2017 prévue déjà beaucoup plus longue

Avec cette campagne 2017, Tereos en est à sa dernière ligne droite pour ses essais de chaulage de betteraves sur leur lieu de stockage. Pour comprendre pourquoi ces expérimentations sont en passe d'être adopter par les betteraviers, il est nécessaire de remonter 13 ans en arrière, en 2004. A cette époque, la fin des quotas est annoncée. Les adhérents de la coopérative imaginent déjà que les campagnes seront plus longues, les sucreries souhaitant travailler plus tardivement pour mieux rentabiliser leurs outils. Par voie de conséquence, la question de la conservation des betteraves se pose. Le service agronomique de Tereos commence alors à « creuser le sujet ». Après moults essais et tâtonnements, l'évidence se dessine en 2010. Les pertes en sucre durant la conservation sont dues à 80 % aux blessures infligées durant la récolte.

 Les 20 % autres, précise Alexis Tordeur, responsable du service agronomique de Tereos, relèvent de différents facteurs comme la transformation du sucre au sein de la betterave. 

 

Les blessures, premier facteur de dégradation

 

Les lésions sont en fait la porte d'entrée à de nombreux microorganismes (champignons, bactéries…) qui transforment le sucre de la betterave et pénalise ainsi sa productivité. Depuis, des consignes sont donc données pour diminuer les chocs au moment de la récolte en réalisant des réglages plus « doux » au niveau des machines.

 Avec un réglage léger, les blessures baissent de moitié, non seulement en fréquence mais aussi en profondeur, assure le responsable agronomique. En moyenne, avec un réglage normal, le nombre de betteraves blessées se chiffre à environ 20%. En conditions favorables,, nous sommes capables aujourd'hui de les diviser par deux.

 

Limiter les blessures n'a pas été sans conséquence sur la façon de récolter. « C'est évidemment la raison pour laquelle des compromis s'avèrent inévitables lors de la récolte, relève Alexis Tordeur. Un réglage doux induit inéluctablement une légère augmentation de la tare-terre, critère de pénalité et donc préjudiciable pour la rentabilité du betteravier. Les règles de réception de Tereos ont donc été révisées à partir de cette campagne.» En toute logique, les réglages doux sont privilégiés pour les betteraves stockées le plus longtemps. A l'inverse, en début de saison, les réglages peuvent être plus agressifs. Les lésions seront certes plus importantes mais elles seront moins susceptibles d'altérer la betterave sur une courte durée de stockage. En dehors des réglages, les techniciens ont continué à réaliser des tests pour réduire l'impact des blessures. Ils ont donc conduit une série d'expérimentations avec le chaulage des betteraves.

 

La chaux, un excellent désinfectant

 

 Il se trouve que la chaux, explique Alexis Tordeur, retarde la progression des pourrituresEn 2016, le chaulage des betteraves a permis de diviser par trois leur développement, et donc permis de limiter les pertes en sucre  

Les essais de ces dernières années ont eu pour objet d'étudier la façon la plus rentable pour le producteur d'utiliser ce désinfectant. Quel type de chaux employer (chaux pure, chaux vive, chaux éteinte) ? Avec quel appareil ? Sous quelle forme ? A quelle concentration ? Depuis 2011, le service agronomique a testé différentes formules. En 2016, des tests grandeur nature ont commencé chez des betteraviers. Et cette année, ils concernent plus d'une centaine d'hectares. La chaux est pulvérisée sous forme liquide sur les betteraves à partir d'un appareil placé sur la machine à récolter. Différentes formulations ont été observées afin de rendre le produit stable et facile à manipuler. La dose optimum se situe entre 1 et 2 litres/tonnes de betterave soit 100 à 150 l/ha. Les expérimentations 2017/2018 permettront d'affiner la démarche pour la rendre économiquement viable. Quelle logistique la plus pertinente faudra-t-il choisir pour apporter ce produit liquide au champ ? De quelle façon sera commercialisé l'appareil ? « Notre objectif dans ce projet, insiste Alexis Tordeur, est d'offrir des solutions et des services performants économiquement.»

 

Bandeau FMC

 

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