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Agriculture biologique

L’agriculture biologique n’est pas à l’abri de l’agribashing

Publié le 09/09/2020 - 16:05

L'agribashing peut être transformé en communication positive !

« Il est dangereux d’affirmer que l’agriculture biologique sera le modèle agricole de demain en France, note Éric Birlouez, sociologue de l’agriculture et de l’alimentation, lors de la table ronde sur l’agriculture biologique organisée par Mas Seeds le 8 septembre 2020. Il y aura toujours des agricultures ! Aujourd’hui, le bio ne représente que 6 % du panier des consommateurs en valeur. Certes sa croissance est à deux chiffres mais le marché est parti de très bas. Et pour se développer davantage auprès des consommateurs, les produits bio se heurtent à deux freins : d’abord le prix des produits, puis les critiques et les questionnements qui n’épargnent pas l’origine biologique. De plus en plus de consommateurs s’interrogent : tous les produits proposés sous ce label sont-ils vraiment biologiques ? »

La question peut être d’autant plus légitime que près d’un tiers de produits biologiques consommés en France est importé. Pour l’instant, nombreux sont les consommateurs qui font encore l’amalgame entre produits biologiques et produits locaux.

Aligner toutes les planètes : production, consommation et filière

Adulé un temps, le label bio ne protège en rien des critiques et du risque de décrédibilisation. Pour Éric Birlouez, « le statut des produits biologiques auprès des consommateurs est fragile. En premier lieu car le cahier des charges est une obligation de moyens et non pas de résultats, et il ne répond pas à toutes les exigences de la société que ce soit d’un point de vue éthique, social ou environnemental. Reste qu’aujourd’hui, la grande majorité des consommateurs qui se tournent vers le bio le fait pour la dimension “santé” des produits sous ce label ».

La demande explose, il suffit d’observer les rayons bio dans les grandes surfaces pour s’en persuader. Afin d'y répondre, il est indispensable de construire des filières cohérentes. Pour le tournesol par exemple, il est essentiel que les marchés des tourteaux et des huiles fonctionnent et évoluent en parallèle. « La demande aval doit donc croître à la fois sur le marché des huiles alimentaires et de l’alimentation animale, indique Pierre-Marie Décornet, chargé d’études économiques au sein du groupe Avril. Or, la France – premier producteur mondial de tournesol biologique avec plus de la moitié des surfaces cultivées – ne produit pas en quantité suffisante. Les acteurs sont contraints d’en importer pour saturer les outils industriels de trituration. » Nous sommes encore loin d’un modèle agricole unique centré sur la production biologique.

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