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Environnement

La pollution de l’air impacte les rendements

Publié le 23/07/2015 - 11:34

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Le Sénat a publié le 15 juillet 2015, un rapport sur le coût économique et financier de la pollution de l’air. Un coût loin d’être négligeable, puisque « ce coût de l’inaction » comme le nomme la sénatrice Leïla Aïchi, rapporteure, est estimé à quelque 100 milliards d’euros/an ! Ces coûts sont ceux liés à la santé, à l’absentéisme dans les entreprises engendré par les pathologies en hausse mais aussi un coût lié à la perte de la biodiversité et à l’impact que la pollution atmosphérique peut avoir sur les rendements agricoles, pointe le rapport.

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Si l’agriculture (responsable notamment à 97% des émissions de NH3fait partie des grands secteurs émetteurs de polluants atmosphériques avec les transports, l’industrie, le résidentiel tertiaire, le rapport souligne qu’elle est aussi victime de la pollution atmosphérique. « Au-delà de son impact sanitaire direct, la pollution de l’air a des répercussions importantes sans d’autres domaines, et notamment un impact environnemental sur la végétation et la biodiversité. »  Ainsi la concentration de certains polluants dans l’air affecterait les rendements agricoles et la capacité des végétaux à stocker le CO2. En effet, un groupe de travail de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) estimait en 2000 que « les niveaux d’ozone avaient réduit de 14 % les rendements de production de blé en Europe (soit une perte de l’ordre de 3,2 milliards d’euros) et réduit la capacité de stockage du CO2 par les arbres de 14 % ».

14% de pertes de rendements

Le rapport du Sénat mentionne une autre étude réalisée par l’Inra et Agroparitech en 2003 qui, elle, démontrait que la pollution à l’ozone en Île-de-France pouvait être responsable de pertes de rendements pour le blé de l’ordre de 10 % en moyenne mais pouvant dépasser 20 % pour certaines cultures, avec des variations importantes dans certaines zones. Selon l’Inra, cet impact pourrait couter à l’activité agricole 500 millions d’euros/an. L'étude précise par ailleurs que  ces effets dommageables ont été mis en évidence à des niveaux de concentration inférieurs aux seuils d’information de la population. Un coût qui s’élève à 2,8 milliards si l’on considère les 25 pays européens étudiés dans le cadre de l’étude coût-analyse menée dans le programme CAFE (Clean Air For Europe).

Ce rapport émet une soixantaine de propositions qui visent à trouver un meilleur équilibre entre normes et fiscalité, à favoriser l’innovation et à accompagner les acteurs vers le développement d’activités moins polluantes. Sur ce dossier de la pollution atmosphérique, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a d’ores et déjà annoncé vouloir prendre des mesures « extrêmement fermes ». 

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