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Sucre

Gagner en compétitivité sans gros investissements

Publié le 31/05/2016 - 14:34

Après la fin des quotas laitiers en 2015, c’est au tour des betteraves, le 1er octobre 2017. Qui dit fin des quotas, dit marchés libéralisés. Quel visage aura le marché du sucre demain et comment la France peut-elle tirer son épingle du jeu ? C’est sur ce thème que Gilles Vanackere, directeur général du Syndicat national des fabricants de sucre, est intervenu à l’occasion des 28es journées céréales organisées par Haropa - port de Rouen.

Sucre : gagner en compétitivité sans gros investissements. © A. Lavoisier/Pixel image

Le marché du sucre est un marché en progression, la consommation mondiale augmente d’environ 2% par an, tandis qu'elle reste stable dans l’Union européenne.

Jusqu’à présent, la production était supérieure à la consommation, mais en 2015-2016, la tendance s’est inversée, précise Gilles Vanackere. D'après la dernière synthèse de FranceAgriMer en mai 2016, « la consommation mondiale de sucre en 2016/2017 pourrait atteindre environ 173,7 Mt, soit 9,8 Mt de plus que la production de la campagne en cours (163,9 Mt). Si la production mondiale en 2016/2017 restait au même niveau que la campagne en cours, le bilan mondial afficherait le second plus important déficit après celui de 10,8 Mt enregistré en 2008/2009. »

Le marché mondial est largement dominé par la canne à sucre, qui représente les trois quarts de la production de sucre. La production à partir de betteraves pèse pour 35 millions de tonnes. Sur ces 35 Mt, l’Union européenne représente 17 Mt et la France, 5 Mt.

À noter que les échanges mondiaux sont importants et représentent 37% des volumes produits.

Gilles vanackere, directeur général du Syndicat national des fabricants de sucre. ©  Bruno Cohen

Un marché dominé par le Brésil

Parmi les grands pays sucriers, la Thaïlande, qui exporte 80% de sa production, et le Brésil, qui assure 46% des exportations mondiales.

« En 15 ans, le Brésil est passé de 7 Mt à 26 Mt exportées. Compte tenu du poids du Brésil sur les marchés mondiaux, le cours du sucre est essentiellement impulsé par la parité réal-dollar », précise Gilles Vanackere.

Avec la fin des quotas, le panorama mondial ne devrait pas être significativement bouleversé, mais il devrait permettre aux pays de l’Union européenne d’arriver sur les marchés à l’export, grâce à la suppression du plafond d’exportation.

À l’échelle de l’Union européenne, c’est environ 4 Mt, contre 1,35 Mt actuellement, qui iront sur les marchés à l’export. Une très bonne chose a priori, mais à condition de gagner la bataille de la compétitivité. L’environnement sera favorable si et seulement si nous sommes compétitifs en Europe sur les coûts de fabrication du sucre. C’est la raison pour laquelle nous avions demandé, à l’époque de l’adoption de la nouvelle OCM sucre post-2015, du temps pour nous adapter, insiste le responsable.

Mais on peut largement imaginer que, dans ce contexte, la concurrence intra-européenne sera exacerbée parmi les pays producteurs. Mais Gilles Vanackere se montre confiant.

La France a des atouts à faire valoir et sans gros investissements. En Europe, c’est elle qui a les plus gros rendements à l’hectare. Par ailleurs, il y a encore des marges de progrès, notamment grâce à la génomique. De la marge aussi sur l’allongement de campagne de 20 jours pour limiter les coûts de production. Au niveau de la logistique, il y a certainement des efforts à faire pour améliorer l’efficacité des solutions multimodales permettant d’exporter au meilleur coût, d'augmenter les capacités de stockage… Un enjeu réalisable, oui ! À une condition : que le réal ne s’effondre pas !

Sans quoi, les efforts pourraient être vains !

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