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Conjoncture betteraves

Filière betterave : la crise avant de renouer avec des cycles plus rémunérateurs

Publié le 13/12/2019 - 11:31

Franck Sander, président de la CGB n’hésite pas à parler de filière betteravière en crise, mais veut "parler d’avenir plutôt que de regarder dans le rétroviseur". Alors que la CGB tiendra son assemblée générale mi-janvier, Franck Sander et Pierre Rayé, directeur général, ont tenu une conférence de presse pour revenir sur les principaux éléments qui ont marqué la campagne betteravière 2019-2020 et donner quelques éléments de perspectives.

Il n’aura échappé a personne que la sortie des quotas pour les planteurs a été rendue extrêmement compliquée par le contexte mondial des prix au plus bas depuis deux ans. "Pour la 2e année consécutive, les pertes sont de l’ordre de 300 à 500 euros/ha. Une crise violente qui n’épargne pas non plus les entreprises, avec le projet de fermeture de quatre usines sur le territoire français. Une année marquée aussi par les problématiques agronomiques (fin des néonicotinoïdes, menace accrue du charançon qui remonte vers le nord, cercosporiose), sans parler des stress climatiques de la saison", a résumé le président.

Résultats : à l’échelle de la France, la production est estimée à 38,3 millions de tonnes (Mt) contre 39,6 Mt en 2018, soit 5 millions de tonnes de sucre et environ 10 millions d’hectolitres de bioéthanol. "Une production assez faible justifiée par des rendements très moyens 85,5 t/ha contre une moyenne quinquennale à 89 t/ha, et une baisse des surfaces cultivées (- 6 %)", a détaillé Pierre Rayé. Et pour cette première année sans néonicotinoïdes, le directeur précise que les producteurs ont eu recours à des solutions plus coûteuses (100 euros/ha) et moins environnementales. L’occasion pour les responsables de rappeler que "13 pays bénéficient d’une dérogation et qu’il faut cesser les distorsions de concurrence".

Vers une reprise modeste des cours, l’éthanol en forte progression

Au-delà de la situation française, il faut noter qu’à l’échelle internationale on assiste à une reprise des cours car le monde est déficitaire en sucre. "Le rebond des prix spots tarde toutefois à se matérialiser dans la moyenne des prix contractés", précise Pierre Rayé. Autre souci à l’échelle mondiale, la production indienne de sucre fortement soutenue par les pouvoirs publics et qui déstabilise le marché mondial "Sur ce point, il faut que l’OMC joue son rôle de gendarme", indique le directeur.  Autres facteurs d’incertitudes, le Brexit, le Royaume-Uni étant le 1er client de la France, et les accords sur le Mercosur qui autorisent des importations à droits nuls ou réduits sur le sucre et l’éthanol.

Motif d’espoir, du côté de l’éthanol, avec un marché au plus haut depuis 2012. "On constate une forte hausse de la consommation française de bioéthanol, + 1,7 million d’hectolitres par an, encouragée par l’augmentation de la consommation d’essence, de l’E10 et la croissance exponentielle de l’E85, détaille Pierre Rayé. Cette forte hausse, c’est l’équivalent de 850 000 tonnes de betteraves à produire en plus. Une tendance très positive à condition qu’elle ne soit pas menacée par la réintroduction de dérivés d’huile de palme dans le dispositif fiscal."

En conclusion de cet échange, Franck Sander a présenté les projets pour 2020. D’une part, celui de conforter la France comme leader européen de la production de sucre et d’éthanol, en renforçant la compétitivité de toute la filière et en faisant la promotion du sucre made in France. D’autre part, la filière s’engage dans le défi climatique par sa démarche bas carbone. Enfin, le président a plaidé pour plus de synergies entre organisations politiques et économiques et invite à ce que les relations de confiance soient renouées entre agriculteurs et coopératives.

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