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environnement et société

Faux pas pour la ferme des 1000 vaches

Publié le 11/06/2015 - 10:00

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485, 500, 723, 794… 1000, pas sûr que Michel Ramery, l’entrepreneur qui a lancé le projet de la ferme des 1000 vaches, parvienne à s’endormir en comptant ses vaches. En effet, la polémique enfle à Ducrat dans la Somme autour de ce projet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et qui continue d’attiser la grogne des opposants. Dernier fait d’arme, un témoignage accablant publié par le magazine Reporterre d’un ancien salarié de la ferme dites des « 1000 vaches ». 

D’une part on apprend que ce n’est pas 500 vaches (comme le prévoit la réglementation) mais déjà plus de 700 qui sont présentes dans l’élevage. Un chiffre confirmé par un contrôle inopiné diligenté par la préfecture du département de la Somme et, admis en partie par le responsable d’exploitation. Au-delà du chiffre, ce sont les conditions d’élevage qui sont décrites comme exécrables, vaches malades, vaches qui boitent sans être soignées, vaches euthanasiées… Et que penser de la réponse terrifiante du principal intéressé Michel Ramery sollicité pour réagir à ce témoignage « Quand quelqu’un perd une vache sur cinquante, ça fait mal. Mais c’est vrai qu’avec 700 vaches, on peut en perdre 14 », rapporte l’auteur de l’article de Reporterre.

 

Un climat social déléterre

En sus des conditions d’élevage, c’est aussi le climat social dans l’élevage qui d’après les descriptions qui en sont faites, semble d’un autre temps : « On nous prend pour ses chiens. Les salariés sont usés, comme les vaches », affirme le témoin. Dans l’article, on peut aussi s’interroger sur les propos du patron, ou tout au moins ceux rapportés, à la limite de la caricature, quand le journaliste lui évoque le fait que de nombreux salariés sont partis : « ll y a un gars qui n’était pas mal, je lui ai demandé pourquoi il ne restait pas, il m’a répondu qu’il gagnait 150 euros de plus au chômage ! »…

Ce reportage fait évidemment les choux gras des opposants au projet tant il est à charge. En réaction Stéphane Le Foll a répété qu’il était déterminé à faire respecter la réglementation et a précisé ce mercredi qu’il y aurait des sanctions. Pas sûr qu’avec une telle promotion, la ferme des 1000 vaches réussisse a trouver des collecteurs « bienveillants », sachant que sous la pression certains grands noms du lait se sont déjà retirés. À ce compte-là, il est probable aussi que  le département de la Somme préfère de loin que l’on parle de sa baie que de son élevage et de ses patrons !

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