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« Face à la Russie, la France a des atouts à faire valoir »

Publié le 20/09/2016 - 15:44

Si la Russie est décrite comme une puissance agricole majeure, la France peut-elle rivaliser ? Nous avons posé la question à Gilles Kindelberger, directeur général du groupe Senalia.

Gilles Kindelberger, directeur général du groupe Senalia

Faut-il avoir peur de la Russie sur les marchés à l’export ?

Gilles Kindelberger : La Russie, mais aussi l’Ukraine, la Roumanie sont qualifiées de « greniers à blé » du monde, ce n’est pas nouveau, le fait que cette région revienne sur le devant de la scène après l’épisode soviétique n’a rien de surprenant. Cependant, la Russie notamment souffre de quelques handicaps. Le premier d’entre eux, la logistique. Beaucoup d’investissements ont été réalisés sur la logistique portuaire, pour permettre de charger rapidement des gros volumes. Mais n’oublions pas que les infrastructures de stockage à l’intérieur du pays sont inexistantes. Ce qui explique que la Russie est très agressive à l’export en début de campagne (dès le mois de juillet). Elle discounte sa marchandise pour pouvoir l’évacuer, c’est un peu son talon d’Achille.

 

On reproche à la France son manque de compétitivité, est-ce qu’elle peut mieux faire ?

GK : Si l’on regarde l’ensemble de la filière, il y a des leviers de compétitivité à trouver au niveau de la production sans doute, mais en termes de logistique, beaucoup d’efforts ont été faits. Un camion en Russie peut attendre 3 jours au port avant d’être déchargé. En France c’est 2h30 maximum, les taux de rotation sont très équilibrés. Du côté du train et des péniches, ont été mis en place des systèmes de planification très efficaces qui garantissent, à l’année, la rentabilité, la répétitivité et la ponctualité pour les OS et les transporteurs. Autre point ou avantage concurrentiel de la France, son organisation commerciale. L’ensemble des opérateurs, coopératives, négociants sont des acteurs fiables, sécurisants, jamais défaillants, ce qui constitue un véritable atout commercial.

 

Les Russes produisent le meilleur blé du monde. Comment rivaliser ?

GK : Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que la Russie ne produit qu’une seule qualité de blé, c’est très pratique dans les silos portuaires, pas de perte de place quand nous devons gérer 4 grades différents en France. Mais attention, la diversité des produits est un atout sur le plan commercial. C’est une vraie spécificité française et elle est précieuse pour répondre à l’ensemble des clients. Autre question à se poser, les Russes seront-ils capables de maintenir un blé aussi riche en protéines s’ils font le pari d’intensifier la production, en augmentant les rendements ?

Il y a sans doute de la vigilance à apporter sur la Russie, car elle n’est pas à son maximum, mais persistent quelques contraintes, sans parler de l’instabilité ou des incertitudes politiques mais aussi les aléas liés au climat continental…

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Retrouver l'ensemble du dossier consacré à la Russie dans le numéro de Cultivar Leader du mois de septembre 

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