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Filière semence

Face à la réglementation, l’UFS « reste combative »

Publié le 09/11/2018 - 17:29

Franck Berger président de l'UFS et Claude Tabel, vice président de l'UFS

Dans le cadre de sa conférence de presse annuelle, l’Union française des semenciers et son président Franck Berger ont rappelé quelques chiffres de la filière : le secteur des semences, 12000 emplois directement dans les entreprises de la semence, s’appuie sur les 19000 agriculteurs multiplicateurs, le tout sur une surface de plus de 380000 ha.

La France se place comme premier pays producteur européen de semences en surface et en quantité. « C’est aussi le premier pays exportateur mondial en valeur puisque la moitié de la production est exportée », affirme Franck Berger. Ces exportations comptent pour plus de 900 millions d’euros au cours de l’année 2017 dans le solde de la balance commerciale.

À noter que la filière semence investit plus de 13% de son chiffre d’affaires, soit 400 millions d’euros, dans la recherche et le développement.

Un chiffre d’affaires potentiellement en baisse

L’UFS a abordé les sujets qui ont marqué l’année 2018. Parmi eux, la Loi Egalim : « Nous avons été partie prenante dans un certain nombre d’ateliers, indique Claude Tabel, vice-président de l’UFS. À la suite de ces échanges, nous avons établi huit propositions concrètes pour aller dans le sens de l’évolution vers l’agro-écologie de notre agriculture. »

Au final, seuls deux articles du projet de loi Egalim impactent le secteur des semences, dont plus particulièrement l’article 83.

Cet article concerne l’interdiction de production, de stockage et de circulation de produits phytosanitaires qui ne seraient plus homologués au niveau européen à partir de janvier 2022. Le vice-président de l’UFS précise « qu’une première estimation de l’impact de l’article 83 a été réalisée. Ainsi, il entraînerait une perte de 450000 € sur le chiffre d’affaires de la filière semence en France ». L’UFS craint également que cet article ait une incidence sur les usines avec un risque fort de délocalisation. « Nous serons attentifs à ce sujet. Il serait bon de revenir à la raison et ne pas se mettre des blocages supplémentaires sur la production de ces molécules mais aussi sur l’utilisation de produits qui sont autorisés dans d’autres régions que l’Union européenne », souligne Claude Tabel. Franck Berger ajoute que : « Certains pays exigent certains types de traitement. Si nous ne les réalisons plus, l’accès au marché de ces pays se fermera de manière définitive pour nous. »

Le plan qualité poussière

Second sujet abordé : le contrat de solution, une initiative du syndicalisme agricole dans le but de trouver une trajectoire de progrès en matière de protection des plantes.

L’UFS a établi trente-six fiches dont huit concernent l’axe « amélioration des plantes » et une l’axe « innovation en matière de produits de protection de plantes ». Parmi ces huit fiches, six touchent directement des entreprises présentes au sein de l’UFS.

Au milieu de ces fiches, une se rapporte au plan qualité poussière qui vise un meilleur contrôle de l’application des produits de traitement de semences pour la protection des utilisateurs et des applicateurs. « L’UFS apporte des contributions sur les traitements de semence et pas uniquement sur l’aspect génétique », souligne Franck Berger.

Autre sujet d’importance pour l’UFS : le programme prioritaire pesticides. « Il est en cours de montage. Pour le moment, le ministère de la Recherche a alloué une enveloppe de 30 millions d’euros sur cinq ans et s’appuie sur l’Inra et sur l’UFS afin de trouver des solutions dans le but de diminuer l’utilisation des pesticides », précise Claude Tabel.

La filière privée de l’édition du génome ?

Autre enjeu fort pour la filière semence, l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne sur la mutagénèse. « L’arrêt signifie qu’il ne sera pas possible de mettre sur le marché en Europe des plantes issues de techniques modernes d’amélioration des plantes et d’édition du génome », s’inquiète le président de l’UFS. « La France se trouve isolée dans le monde international puisque d’autres pays comme l’Australie, les pays sud-asiatiques ou encore les États-Unis utilisent déjà ces méthodes. » Pour l’UFS, « cette situation est extrêmement dommageable puisque la filière se retrouve privée de la technologie de l’édition de génome de précision alors qu’elle peut apporter beaucoup plus de garanties aux utilisateurs que certaines techniques antérieures ».

Franck Berger dénonce une injonction contradictoire, « d’un côté on vient chercher les entreprises pour réfléchir sur la manière de sortir des pesticides et de l’autre côté on nous donne une clé de douze et une perceuse en nous disant que nous n’avons pas le droit de nous en servir et que nous devons tout faire à la main ».

Améliorer les plantes, un vecteur de progrès

Le président de l’UFS reconnaît que « la filière semence évolue dans un contexte compliqué ». Toutefois, il se veut rassurant : « Nous restons combatifs car nous sommes convaincus que la semence, d’une manière générale, et l’amélioration des plantes qui est le moteur de la semence sont véritablement des vecteurs de progrès et de transformation pour le bien de l’agriculture, de la production d’aliment et pour le bien de la société dans son ensemble. »

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