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Ressources génétiques

Des semences stockées à la Banque mondiale en Norvège

Publié le 01/07/2018 - 14:00

En Norvège, la réserve mondiale de semences du Svalbard stocke les semences le plus longtemps possible dans l’objectif de préserver la diversité. © crop trust

En préambule à la sélection, il faut des ressources génétiques. La première étape consiste à les identifier, puis les caractériser, pour ensuite les conserver. Au niveau mondial, c’est la réserve du Svalbard qui veille à préserver les graines. Des banques de semences ou d’arboretums collectent l’ensemble des germplasmes d’une variété. Par exemple l’Inra de Clermont-Ferrand dispose d’une collection de référence de céréales à paille.

Alicia Ayerdi Gotor, enseignant chercheur à UniLaSalle à Beauvais.
Un million, c’est le nombre de graines qui sont déjà entrées dans la réserve mondiale de semences du Svalbard, située en Norvège. Créée il y a dix ans, cette chambre froide est située dans l’archipel arctique du Svalbard à environ 1 100 km du pôle Nord. « Son but est de stocker les graines le plus longtemps possible pour préserver la diversité », explique Alicia Ayerdi Gotor, enseignant chercheur à UniLaSalle à Beauvais. Les ressources génétiques sont limitées à celles fournies par la nature. Quand elles sont référencées, il faut les conserver. Des banques de semences sont créées pour préserver ce matériel vivant. Chaque espèce y est décrite selon son phénotype et l’habitat où elle a été collectée afin d’augmenter la chance d’être utilisée lors de l’amélioration végétale.
Puis des banques de semences ou d’arboretums collectent la diversité d’une culture. « Ces centres ont identifié le matériel végétal et ils sont en mesure de fournir des semences, tout en ayant respecté les standards de multiplication », précise Alicia Ayerdi Gotor. Il en existe plusieurs dans le monde et en France. Par exemple, l’Inra de Clermont-Ferrand dispose d’une collection de référence de céréales à paille. Pour les espèces fruitières et vignes anciennes, c’est le Conservatoire situé à Puycelsi (81) qui recense leur diversité régionale.


Travailler des variétés anciennes évoluées


Des collections existent aussi chez les sélectionneurs. « Elles sont plus restreintes en nombre d’individus, explique Alicia Ayerdi Gotor. Ces collections sont plus proches des variétés commercialisées et donc plus faciles à introduire dans les schémas de sélection. » L’idée est de travailler des variétés anciennes évoluées, c’est-à-dire proche des rendements actuels. Par exemple, l’utilisation de blé sauvage nécessiterait des efforts de sélection importants. Les sélectionneurs ont également des mini-collections d’espèces exotiques. Citons les variétés de blés japonais qui ont des grains nus, non protégés, ou encore des variétés des premiers blés avant qu’ils soient hexahaploïdes, ou des variétés anciennes qui dépassent 1,50 mètre de hauteur. Mais avant d’être stockées, les ressources génétiques doivent être trouvées et identifiées. Comment les trouver pour ensuite les utiliser en sélection ? Les chercheurs partent de l’endroit où est née l’espèce et où elle s’est développée. « C’est donc là qu’il y aura la plus grande diversité afin de créer les variétés », évoque Alicia Ayerdi Gotor. L’une des techniques utilisées est la phylogénétique. Les scientifiques cherchent l’ancêtre pour trouver la plus grande diversité génétique, et ainsi remonter aux origines des organismes vivants.
 

 

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