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Betteraves

Des revenus en berne, passer le cap 2017

Publié le 11/12/2015 - 14:17

M.Barbier/Pixel image

La campagne de betteraves 2015 s’achève dans un contexte particulièrement tendu. Les conditions météorologiques difficiles ont pénalisé les rendements et les prix payés aux producteurs sont loin de couvrir les coûts de production, a indiqué la CGB –confédération générale des planteurs de betteraves– à l’occasion de son point presse annuel.

Le volume de production de 2015 en betterave à sucre devrait s’établir à 33 millions de tonnes (Mt) contre 37 Mt en 2014. « Une baisse des volumes qui s’explique par une baisse des surfaces d’environ 20000 hectares (à 382000) correspondant à un ajustement pour compenser les rendements records de 2014 », justifie Alain Jeanroy, directeur général de la CGB. Outre la baisse des surfaces, c’est le rendement moyen qui est en baisse et très hétérogène selon les régions, estimé à 87 t/ha (à 16°) contre 93 t/ha en 2014. Autre point problématique de la campagne, sa durée inférieure à 100 jours, qui s’explique par un démarrage de récolte plus tardif, ce qui augmente d’autant les coûts de production pour les transformateurs.

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Si les prix moyens de la betterave (quotas + hors quotas) ont tendance à s’apprécier légèrement –24 euros/t contre 23,2 euros/t en 2014–, la faiblesse des rendements pénalise la recette globale des producteurs. Par ailleurs, le directeur insiste : en mars 2015, il y a eu des suppléments de prix versés aux producteurs pour la campagne 2013, mais il n’y en aura pas en 2016 et 2017 pour le compte des campagnes 2014 et 2015, « ces dernières campagnes vont faire réfléchir tout le monde… », poursuit-il.

Les coûts de production en question

Sur la base d’une étude réalisée par le CER, le coût de production d’une tonne de betteraves est estimé à 25,5 euros, en considérant un rendement moyen à 89 t/ha (moyenne quinquennale) et une rémunération du chef d’entreprise équivalente à 1,5 Smic. Avec un prix moyen à 24 euros/t + 1,5 euro/t pour la pulpe. « Le compte n’y est pas, les producteurs ne tirent aucune marge et ne rémunèrent pas le capital », déplore Alain Jeanroy.

« Le risque, c’est de voir des producteurs arrêter, alors que l’on a besoin de tout le monde », complète pour sa part Éric Lainé, président de la CGB, avant de poursuivre : « il faut trouver des marges sur l’itinéraire technique et augmenter la productivité ».

Les surfaces de 2016 devraient toutefois être en augmentation : « Tereos et Cristal union ont contractualisé environ 5% des surfaces en plus, pour atteindre une sole d’environ 400000 hectares. Ils anticipent pour avoir du sucre disponible à l’exportation dès l’automne 2017, en perspective d’une remontée des prix mondiaux », précise Alain Jeanroy.

Préparer l’après-quotas

Autre chantier à conduire pour la CGB, les accords interprofessionnels post-2017 :

« D’ores et déjà nous demandons à ce que le prix de la betterave reste corrélé au prix du sucre grâce au maintien de l’Observatoire des prix. Il faut aussi que ces éléments de prix soient définis avant les semis. Par ailleurs, nous demandons à ce que la répartition du prix payé entre planteurs et fabricants soit maintenue sur la base de 56% pour le fabricant et 44% pour le planteur. Nous insistons aussi sur le fait qu’en aucun cas cette répartition soit modifiée par les fabricants en fonction des évolutions du prix du sucre. Plus les accords professionnels et les contrats types seront élaborés et exhaustifs, plus le revenu des producteurs et donc l’approvisionnement des usines seront sécurisés. »

Parmi les leviers d’amélioration pour gagner en compétitivité, il va falloir allonger les durées de campagne, puisque selon les estimations, un allongement de campagne de 20 jours permettrait de gagner un euro par tonne de sucre par jour supplémentaire. « Aujourd’hui en Europe, nous sommes parmi les pays les plus rapides, donc il y a de la marge », assure le directeur, confiant.

Quant aux perspectives, il semble que les fondamentaux s’inversent : la consommation mondiale pourrait dépasser la production, les stocks devraient baisser et les marchés pourraient remonter. Donc, malgré la conjoncture, la betterave à sucre semble encore avoir de l’avenir et notamment en France, qui se positionne déjà comme le premier exportateur européen de sucre, avec des volumes prévus à 1,3 Mt contre 300000 tonnes aujourd’hui.

 

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