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Matières fertilisantes d’origine résiduaire

Des déchets diversifiés à épandre

Publié le 20/05/2015 - 09:46

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Coût  des engrais de synthèse, raréfaction des ressources minières, baisse des taux de matière organique des sols ou nécessité de recyclage des déchets: autant de raisons pour valoriser davantage les matières fertilisantes d’origine résiduaire (Mafor). La diversification des matières proposées a poussé les ministères de l'Agriculture et de l’Écologie à commander, fin 2012, une expertise scientifique collective (ESCo) à trois instituts de recherche (Inra, CNRS et Irstea) pour faire le point sur les connaissances scientifiques concernant la valeur agronomique et les impacts environnementaux et socio-économiques de ces matières. En juillet 2014, les résultats de cette expertise ont été présentés lors du colloque de restitution.

Parmi les Mafor, les effluents d’élevage sont largement majoritaires en matière brute (en 2011, 94 % d’après les résultats de l’enquête "Pratiques Culturales 2011"d’Agreste), avec 274 millions de tonnes de matières brutes d’effluents d’élevage en 2012, dont la moitié est récupérée sous forme de fumiers et lisiers, ensuite épandue, en quasi-totalité sans traitement préalable. Contrairement aux Mafor d’origine agricole, les quantités épandues de Mafor d'origines urbaine et industrielle (6 % restants) sont plus difficiles à estimer à l’échelle nationale. Les experts estiment ainsi à environ 2,2 Mt brutes de composts et digestats issus de déchets urbains, 0,7 Mt sèches de boues d'épuration urbaines, et 1,8 Mt sèches d'effluents industriels.

1,06 Mt de MS de boues d’épuration

Les gisements d’origine urbaine comportent principalement les déchets ménagers et assimilés (DMA), les déchets solides des collectivités qui peuvent être valorisés par méthanisation ou compostage et les boues provenant des stations d’épuration. Les quantités annuelles de boues d’épuration s'élèvent à environ 1,06 millions de tonnes de matière sèche en 2011. Cette même année, 73 % des boues en excès collectées sur le parc de stations d’épuration urbaines étaient destinées à l’épandage agricole direct ou après compostage.

Très peu de données sont disponibles pour quantifier les gisements de matières résiduaires d'origine industrielles susceptibles d'être valorisées en Mafor. Le volume est estimé à 2,1 Mt matière sèche, provenant à 80 % des industries des viandes, des fruits et légumes, de la fabrication de boissons, et de l'industrie laitière. Environ 35 % de ces matières résiduaires sont destinés à l'épandage sur des surfaces cultivées, majoritairement sans traitement biologique préalable, comme pour les gâteaux de filtration issus de l'industrie des boissons, et du lactosérum généré par l'industrie laitière.

Ces quantités de Mafor sont globalement stables et le potentiel d’accroissement de la part valorisable sur sols agricoles est faible, indique l’ESCo. Une amélioration de la collecte des biodéchets (ménagers, industriels et gros producteurs de type cantines ou grandes surfaces commerciales) triplerait les quantités de composts et de digestats urbains. "Mais cette augmentation aurait peu d'impact sur la quantité totale de Mafor disponibles essentiellement constituées d'effluents d'élevage", complètent les experts.

Parts épandues selon le type de Mafor:

  • 100 % des lisiers et fumiers;
  • 22 % des gisements de boues et effluents industriels hors IAA (dont 4 % via compostage);
  • 50 % des gisements de boues et effluents IAA (dont 4 % via compostage);
  • 73 % des boues d’épuration (dont 31 % via compostage);
  • 14,5 % des déchets ménagers assimilés via compostage;
  • Part inconnue pour les déchets solides des collectivités via compostage;
  • 35 % des déchets industriels organiques (dont 8 % via compostage).

 

D’après l’étude de l’Expertise scientifique collective sur les Mafor : Houot S., Pons M.-N., Pradel M., Caillaud M.-A., Savini I., Tibi A. (2014) Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier. Impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expértise scientifique collective INRA-CNRS-Irstea (France).

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