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Fertilisation blé

Apports tardifs : oui mais sous quelle forme ?

Publié le 01/12/2017 - 11:00

Les apports tardifs d’azote sont un des leviers efficaces pour obtenir une bonne teneur en protéines. Mais comment les optimiser en vue de cet objectif ? Quelles sont les formes d’azote les plus efficaces en fonction des conditions climatiques ?

Comme souvent en agriculture, la teneur en protéines des grains est bien sûr dépendante des conditions pédoclimatiques. Pour autant, différents leviers permettent de mettre toutes les chances de son côté pour obtenir un résultat satisfaisant. Parmi ces leviers, le fractionnement de la dose d’azote en trois, voire quatre apports, est jugé très efficace par les spécialistes. Les apports dits tardifs sont réalisés entre le stade 2 nœuds et le stade gonflement. Un apport de l’ordre de 40 à 80 unités améliore la teneur en protéines des grains de 0,3 à 0,5%. Ils ont bien sûr été anticipés en réduisant les doses apportées lors du premier et du second apport pour réserver 40 à 60 kg N en vue de ces apports tardifs. Dans l’idéal, ils sont raisonnés grâce à l’utilisation d’outils de pilotage permettant de déterminer avec plus de précision la date et la dose d’apport en minimisant au maximum le risque pour l’environnement.

Parmi les « classiques »

Mais quid du type d’engrais à utiliser pour ces apports tardifs ? Les trois formes «classiques» d’azote que sont la solution azotée, l’urée granulée et l’ammonitrate ne semblent pas présenter les mêmes atouts vis-à-vis de l’impact protéines. La solution azotée affiche clairement des résultats moins satisfaisants que l’ammonitrate. Les essais Arvalis montrent que l’emploi de cette forme en général sur les 1er et 2e apports se traduit par une réduction de rendement comprise entre 2 q/ha en sols non calcaires et 4 q/ha en sols calcaires et une réduction du taux de protéines de 0,6 à 0,8% par rapport à l’utilisation d’ammonitrate à même dose totale apportée.

L’emploi de solution azotée semble particulièrement pénalisant lors de l’apport fin montaison gonflement avec un écart de +0,4% de protéines en faveur de l’ammonitrate. Les résultats obtenus avec l’urée granulée semblent plus proches de ceux obtenus avec l’ammonitrate mais celui-ci semble malgré tout le plus performant. Parmi les engrais « classiques », l’ammonitrate semble donc à privilégier dans un objectif protéines.

Et les nouveautés ?

Mais plusieurs nouveautés ont été récemment mises sur le marché. Parmi elles, Nexen est une urée solide additionnée d’un inhibiteur de l’hydrolyse de l’urée, le NBPT. La libération d’ammoniac serait alors plus progressive et les pertes par volatilisation moins importantes. Dans les situations où les résultats de l’urée granulée décrochent par rapport à ceux de l’ammonitrate, les performances de Nexen restent équivalentes à l’ammonitrate. 

L’Apex revendique également de moindres pertes par volatilisation. Dans le cas d'une utilisation pour le deuxième apport, il a montré une performance équivalente à l’ammonitrate dans les conditions de la campagne 2012-2013, selon les essais réalisés.

Enfin quelle que soit la forme solide choisie, il ne faut pas oublier de bien adapter le réglage de l’épandeur, notamment en grandes largeurs. La densité plus faible de l’urée par rapport à l’ammonitrate peut influencer l’homogénéité de l’apport. Arvalis note de façon générale qu’un mauvais réglage de l’épandeur expose à des pertes pouvant dépasser 2 q/ha et 0,4% de protéines. Il convient donc d’être vigilant vis-à-vis de la qualité physique des urées. 

Engrais foliaires

Par ailleurs, de nombreuses spécialités liquides se positionnent pour des apports tardifs en pulvérisation foliaire. Cette piste peut sembler séduisante notamment en cas de période sèche prolongée, y compris au-delà de la floraison. Cependant l’emploi d’engrais azotés foliaires ne doit jamais excéder 20 kg/ha par apport pour éviter de brûler les feuilles. Leurs performances sont donc d’emblée limitées par cette contrainte. Ils ne permettent pas de décaler la même quantité qu’une stratégie en trois apports effectués en solide à chaque apport. Selon des essais d'Arvalis, a quantité totale d’azote identique, ces produits appliqués selon les préconisations commerciales ont été aussi efficaces pour la production de grain que l’ammonitrate. En revanche, leur emploi a globalement engendré des teneurs en protéines inférieures, de 0,4% en moyenne, à celles permises par l’emploi d’ammonitrate, dont 40 kg N ont été appliqués au stade « dernière feuille » du blé.

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